Solidarité Manichoise.

Le rendez-vous des Manichois du monde. VOYÉ MANICHE MONTÉ

Activité récente

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Jean-Robert Verdieu a laissé un commentaire pour madeleine dorval.
Salut,chere madame et bienvenue a Solidarite Manichoise!
22 Janv.
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madeleine dorval est maintenant membre de Solidarité Manichoise.. 21 Janv.
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Christa saintilien est maintenant membre de Solidarité Manichoise.. 15 Janv.
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Pierre Saintil et jacques saintilus ont rejoint Solidarité Manichoise.. 10 Janv.
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Jean janel Saintilus est maintenant membre de Solidarité Manichoise.. 8 Janv.
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marie durand est maintenant membre de Solidarité Manichoise.. 12 Déc. 2011
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Webmaster a commenté l'article 'Le Brésilien Ricardo Seitenfus, représentant de L'OEA en Haiti s'exprime' de Webmaster.
Tout est dit ici. Il n'y a rien à redire. " Il y a 200 ans, Haiti a illuminé l'histoire de l'humanité et des droits humains " Et plus loin : "Le péché originel d’Haïti, sur…
1 Déc. 2011
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Le Brésilien Ricardo Seitenfus, représentant de L'OEA en Haiti s'exprime

.… Le système de prévention des litiges dans le cadre du système onusien n’est pas adapté au contexte haïtien. Haïti n’est pas une menace internationale. Nous ne sommes pas en situation de guerre civile. Haïti n’est ni l’Irak ni l’Afghanistan. Et pourtant le Conseil de sécurité, puisqu’il manque d’alternative, a imposé des Casques bleus depuis 2004, après le départ du président Aristide.Depuis 1990, nous en sommes ici à notre huitième mission onusienne. Haïti vit depuis 1986 et le départ de Jean-Claude Duvalier ce que j’appelle un conflit de basse intensité. Nous sommes confrontés à des luttes pour le pouvoir entre des acteurs politiques qui ne respectent pas le jeu démocratique. Mais il me semble qu’Haïti, sur la scène internationale, paie essentiellement sa grande proximité avec les Etats-Unis. Haïti a été l’objet d’une attention négative de la part du système international. Il s’agissait pour l’ONU de geler le pouvoir et de transformer les Haïtiens en prisonniers de leur propre…Plus
Un article de Webmaster a été signalé. 1 Déc. 2011
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Jean-Robert Casseus est maintenant membre de Solidarité Manichoise.. 28 Nov. 2011
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Webmaster a commenté l'article 'Une matinée avec CACEM à Maniche' de Oxfam Italie.
Très intéressant ! La renaissance de la production du café dans la région changerait le cours des choses. La pauvreté dans le milieu paysan diminuerait de façon spectaculaire. Les familles paysannes…
23 Nov. 2011
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Une matinée avec CACEM à Maniche

CACEM est une coopérative des années 60, qui a connue des moments de gloire durant les années 70. Pourtant, dans les années 80, CACEM a, comme toutes les coopératives agricoles, souffert de la chute des prix du café et des instabilités politiques. En 2002, des anciens membres de CACEM ont tentés de ressusciter cette coopérative, chose pour le moins difficile. En aout 2010, les 22 membres actifs de la CACEM ont élus un nouveau conseil dont Jean Marc Louizaire, fils d’un grand producteur de café de Maniche, a pris la tête. Coïncidence heureuse, cette même année du séisme, Oxfam Italia est arrivée aux Cayes pour accompagner la relance de la production de café dans le Sud avec le réseau des coopératives agricoles et caféière RECOCAS dont CACEM est membre fondateur. Un an plus tard, CACEM a reçu la visite d’une…Plus
Publication de blog par Oxfam Italie 23 Nov. 2011
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Louizaire Jean Marc a envoyé un cadeau à Oxfam Italie 23 Nov. 2011
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Oxfam Italie ont mis à jour leur profil. 22 Nov. 2011
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Oxfam Italie est maintenant membre de Solidarité Manichoise.. 22 Nov. 2011
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Maniche 19 novembre .Quel centenaire ?

Samedi 19 novembre,l’échec du centenaire de la paroisse de Maniche a été confirmé. Les prêtres et les religieuses originaires de Maniche ont été brillés par leur absence. Même les membres les plus influents du comité ont fait abstention.Que s'est-il passé ?Plus
Publication de blog par Louizaire Jean Marc 22 Nov. 2011
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36 millions goud pou rénovasion LÉGLIZ CATOLIC Maniche lan . Soit environ 1 million de dollars US.

>Min KOZÉ .   Santan pawas Setan dezas Santené sa a se yon dezasYonwontdevan tout lót pawasDepipliske 7 lane Manich vin yon espasKote misyoné mete pép la nan nasPou yo fébiznis sou do'l an masSouse,piye,manje epi bwé pép la nan tasSantan pawasSetan dezasKominote a ap make pa sou plasPandan santené a ap fete nan krasLegliz la léd tankou grimasPaske misyoné yo kanpe sou fépyasYo pa vini pou fé evanjelizasyonYo plis vin fé lajan ak kreye divizyonSantan pawasSetan dezasManich pa gen 1 milyon mounE kominote a pa gen anpil gwo zouzounPwoblém sou pwoblém yo poko rezoudOu bay you plan 36 milyon goudNan ki optic ou pati ?Se you bazilik w'ap bati ? Santan pawas Setan dezas36 milyon an dwe bay yon lót leglizKonstwi sou yon kawoté presizKi gen lakou kote'n pap desann nan la riLé n’ap marye oubyen lé 'n mouriLegliz sa a dwe rete kóm yon monimanPou Manich menm lé li nan touman  Prof :ThiogéneEverlens Dasma -ManichJ Plus
Un article de Webmaster a été signalé. 21 Nov. 2011
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Webmaster a laissé un commentaire pour Le Maron Noire.
Salut " Le Maron noir " " Solidarité manichoise vous souhaite la Bienvenue et vous félicite pour votre participation . Elle vous informe cependant qu'elle n'est pas en mesure d'ouvrir le fichier "…
19 Nov. 2011
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Le Maron Noire est maintenant membre de Solidarité Manichoise.. 19 Nov. 2011
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Webmaster a commenté l'article 'Version ameliorée de la route de l'eau' de Louizaire Jean Marc.
Salut Marc, Merci pour ce précieux document. Mais, as-tu une idée des deux ( 2 ) premiers projets dont on parle ? Est-ce qu'ils ont un rapport direct avec notre commune ? Ça a l'air sérieux et tout laisse croire…
14 Nov. 2011
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Webmaster a laissé un commentaire pour Joz Elivert.
Salut Joz, Content que tu sois avec nous et Bienvenue sur Solidarité manichoise".
14 Nov. 2011
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Comment les Humains modernes noirs sont-ils devenus blancs ?

 


 

Mieux comprendre l’histoire de l’humanité pour combattre le racisme.

 

C’est par une question très simple à savoir, " Pourquoi certaines personnes ont la peau noire " que la petite Julie a interpellé les animateurs du site canadien cybersciences.com.


Réponse des spécialistes :

La couleur de la peau est déterminée par une substance appelée mélanine. Plus la peau contient de mélanine, plus elle est foncée.On en a la preuve lorsqu’on bronze, l’été : ce n’est pas le soleil en tant que tel qui colore notre peau, mais bien la mélanine sécrétée pour nous protéger de ses rayons. Car plus la peau est foncée, mieux elle filtre les rayons ultraviolets.


On pourrait donc répondre à ta question comme suit, Julie : Certaines personnes ont la peau noire parce que leur peau contient plus de mélanine et certaines personnes ont la peau blanche parce que leur peau contient moins de mélanine.


Mais ça ne nous dit pas pourquoi les êtres humains ont évolué dans des palettes de couleur aussi différentes...


En reculant de plusieurs millions d’années dans le temps, on comprend un peu mieux ce qui s’est passé.

 

- De quelle couleur étaient les tout premiers êtres humains selon toi ?


Un indice : ils habitaient en Afrique...


Eh oui, ils avaient une peau très foncée, adaptée au Soleil qui brille presque toujours, là-bas. À un moment donné, certaines populations ont migré vers d’autres continents, comme l’Europe.


Leur peau d’ébène a graduellement pâli, puisque le Soleil brillait beaucoup moins et que cette protection n’était plus nécessaire. Trop de mélanine représentait même un désavantage pour les Européens... Grâce au Soleil, le corps fabrique de la vitamine D, essentielle au bon développement des os. Quand le Soleil se fait rare, un filtre trop efficace prive le corps de cette précieuse vitamine !


Tu te doutes bien que tous ces changements ne se sont pas faits en quelques jours. Ni en quelques mois. Ni en quelques années. Pas même en quelques siècles... La peau des Africains partis conquérir de nouveaux mondes a pâli graduellement, sur des milliers de générations.


À certains endroits, comme en Asie, les nouveaux dosages de mélanine ont créé des peaux tirant sur le jaune. Ailleurs, elles sont devenues très blanches, rougeâtres ou café au lait...

C’est ça, l’évolution !

 





Billets de blogue

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Hommage à M.Pierre François Sildor

Publié par Webmaster le 7 Juillet 2011 à 23 30 — 3 Commentaires

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vidéo s'adressant aux Manichois

Publié par Webmaster le 12 Juin 2011 à 17 30 — 3 Commentaires

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Poésie de Jean Amorce Dugé

Publié par Webmaster le 13 Mai 2011 à 12 30 — 1 Commentaire

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Jean Amorce Dugé

Publié par Webmaster le 13 Mai 2011 à 12 30

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Hommage posthume à M. Astrel Benoît Macéus

Publié par Webmaster le 2 Mai 2011 à 1 00

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Hommage au Docteur Marie-Ange Clodette Dorval

Publié par Webmaster le 12 Avril 2011 à 23 30

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À l'endroit de M Jean Laforest VISENE

Publié par Webmaster le 26 Mars 2011 à 22 30

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La grande famille manichoise d'outre-mer

Publié par Webmaster le 20 Mars 2011 à 12 00

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Carte d'Haiti

Publié par Webmaster le 13 Mars 2011 à 19 00

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Reconstruire ... ou Construire Haiti ?

Publié par Webmaster le 3 Mars 2011 à 13 00

Anniversaires

Anniversaires demain

République d'Haîti

Maniche, dans tous mes rêves

HAITI

Continent Amériques
Sous-continent Antilles

Population (2008) 9 776 206 habitants
Taux de croissance annuel 1.710 %
Superficie 27 748 km2
Densité 352.32 habitants/km2
PNB (2007) 5.44 milliards $USD
PNB/habitant (2007) 566 $USD
Croissance du PNB (2007) 25.64 %
PIB (2007) 6.03 milliards $USD
PIB/habitant (2007) 698 $USD
Croissance du PIB (2007) 3.20 %
Espérance de vie (2008) 57.56 ans
Taux de natalité (2008) 35.69 ‰
Indice de fécondité (2008) 4.78 enfants/femme
Taux de mortalité (2008) 10.15 ‰
Taux de mortalité infantile (2008) 62.33 ‰
Taux d'alphabétisation (2003) 52.90 %
Langues officielles Français, créole haïtien
Monnaie convertisseur Gourde haïtienne (1 gourde HTG = 100 centimes)
Indice de développement humain (IDH 2007) 0.532/1.0 (rang : 150/185)
Nature de l'état République présidentielle
Chef de l'état Président René Préval
Fête nationale 1er janvier (indépendance de 1804)
Code internet du pays : .ht
Gentilé Haïtienne, haïtien
Touristes nc personnes


Malgré les élections et la présence internationale, le pays reste en plein chaos

Ce pays, le plus pauvre des Amériques, est plongé dans le chaos depuis de nombreuses années. Les populations souffrent de pénurie alimentaire, 70 à 80% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté et ne sont pas ou peu scolarisés, bref, la politique du FMI et de la communauté internationale concernant l'aide humanitaire à Haiti est un échec cuisant.
Le départ forcé d'un président, élu démocratiquement, par la frange la plus bourgeoise de la population, ancienne partisane de la dictature précédente, montre à quel point la démocratie est fragile dans ce pays, et est peu soutenue par les grandes puissances anciennes colonisatrices que sont la France et les Etats-Unis notamment.
Les troupes militaires étrangères de la MINUSTAH (Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti) ramènent lentement le calme et une paix durable, mais le développement du pays va être le grand défi à mettre en oeuvre par le nouveau pouvoir afin d'éviter que ne se reproduisent pendant encore 200 ans les coups d'état à répétition (32 coups d'état depuis 2 siècles).
A cet effet, une femme a été nommée au poste de première ministre en septembre 2008, Michèle Pierre-Louis, réputée incorruptible.
Enfin, la déforestation très avancée du pays, notamment dans l'intérieur des terres, est un problème très grave qui favorise grandement les inondations et les glissements de terrains particulièrement meurtriers que connait Haîti régulièrement.

Secteurs d'activités
Agriculture 27.39 %
Industries 17.33 %
Services 55.28 %

[Voir plus et trier] Aires urbaines Trier Population (2008) Trier [Voir plus et trier]
Taux d'urbanisation (2007) 42.80 %
1 Port-au-Prince 3 812 721
2 Cap-Haïtien 344 930
3 Gonaïves 130 009
Voir plus et trier

1 Port-au-Prince 3 812 721
2 Cap-Haïtien 344 930
3 Gonaïves 130 009

En rouge : capitale
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Réduction de la population mondiale

Si l’on regarde au-delà des inquiétudes à court terme qui ont empoisonné les débats sur la population au niveau politique, il apparaît de plus en plus clairement que la viabilité de la civilisation à long terme nécessitera non seulement une stabilisation du nombre d’êtres humains, comme on l’a estimé, sur les 50 prochaines années, mais également une réduction colossale à la fois de la population et de la consommation. La tension grandissante entre deux tendances apparemment irréconciliables est devenue de plus en plus visible ces 50 dernières années. D’un côté, les projections démographiques modérées à conservatrices indiquent que le nombre d’habitants sur la planète atteindra, presque avec certitude, 9 milliards, peut-être plus, d’ici le milieu du 21ème siècle. De l’autre, des estimations scientifiques prudentes et de plus en plus fiables laissent entendre que la capacité de charge de la terre à long terme, à un niveau de vie qui pourrait être défini comme allant de "adéquat" à "modérément confortable", selon les standards des pays développés, pourrait ne pas dépasser deux ou trois milliards. Cela pourrait être considérablement moins, particulièrement si le style de vie de référence (niveau de consommation) auquel les gens aspirent se rapproche de celui des Etats-Unis. En réaction à ce "dilemme malthusien" des temps modernes, il est grand temps de penser sérieusement au futur à moyen terme et d’envisager des alternatives qui vont plus loin que le simple ralentissement ou l’arrêt de la croissance démographique mondiale. L’espèce humaine doit développer, et rapidement mettre en application, des programmes bien conçus, clairement articulés, flexibles, équitables et coordonnés au niveau international, pour réduire la population humaine de façon significative sur les deux prochains siècles ou plus. Cet effort demandera probablement une réduction de la population mondiale d’au moins deux tiers à trois quarts, des 9 à 10 milliards d’individus prévus pour la seconde moitié du 21ème siècle à une "population optimale" future (à partir du 23ème siècle) ne dépassant pas les 2 à 3 milliards. Visiblement, un changement démographique de cette amplitude nécessitera une réorientation majeure de la pensée, des valeurs, des attentes et des modes de vie de l’humanité. Il n’y a pas de garanties quant au succès d’un tel programme. Mais si l’humanité échoue dans sa tentative, la nature imposera certainement une réalité encore plus dure. En tant qu’anthropologue physique et biologiste spécialisé dans l’évolution humaine, je crains que cette crise démographique et environnementale métastasant rapidement (bien qu’elle soit partiellement cachée) ne se révèle être la plus grande impasse évolutionnaire/écologique jamais rencontrée par notre espèce. Bien que la nécessité de réduire la population puisse prêter à controverse, elle peut être testée scientifiquement. Cette hypothèse peut être réfutée si on peut clairement montrer que les estimations actuelles de la population mondiale sur les prochaines centaines d’années n’excèderont pas les projections de plus en plus fiables des capacités terrestres maximales présentes et futures. Elle sera par contre confirmée si la taille de la population mondiale future continue de dépasser cette capacité maximale d’une marge importante. Et même si les estimations de capacité optimale de 2 ou 3 milliards se révèlent inexacte, disons d’un facteur de deux, il faudra quand même, pour arriver à une population maximale de 4 à 6 milliards, une réduction substantielle par rapport à la projection de 9 milliards ou plus pour le milieu du siècle. En dessous des radars ? Il est surprenant de constater le peu d’intérêt scientifique et public qu’a éveillé la mise en place de paramètres quantifiables, testables et acceptés socio-culturellement, propres à déterminer la capacité limite à long terme de la planète. Malheureusement, à quelques exceptions près, un grand nombre de chercheurs scientifiques, par ailleurs très qualifiés, et d’experts en politiques publiques ont plutôt rechigné à adopter une position claire et franche sur ce sujet profondément important. On peut se demander pourquoi - prudence inhérente, inquiétude à propos de leur réputation professionnelle, effets secondaires des structures de plus en plus spécialisées des institutions tant politiques que scientifiques, ou toutes autres raisons. Etant donné la nature et les ramifications globales du problème, la principale raison est peut-être simplement la "paralysie par l’échelle", ce sentiment débilitant d’impuissance collective et individuelle face à des problèmes dont la taille semble insurmontable. Les estimations sommaires de la capacité limite faite par le passé varient considérablement, allant de moins d’1 milliard à plus de 20 milliards. Et il est évident qu’il sera difficile d’apporter une réponse efficace à cette crise si les objectifs démographiques pour le futur continuent à être mal compris et mal exprimés. Il est cependant intéressant de noter que plusieurs chercheurs et organisations ont développé des positions plutôt bien pensées sur la population mondiale future optimale, ces estimations s’échelonnent de 1 à 3 milliards. J’espère que mon hypothèse est fausse et que les diverses théories démographiques plus optimistes avançant que la population mondiale commencera à se stabiliser et à décliner plus vite que prévu vont s’avérer exactes. Mais cet optimisme ne peut se justifier que si des données viennent les corroborer, c’est-à-dire uniquement si les "chiffres irréconciliables" mentionnés précédemment arrivent à tendre de manière plus convaincante vers une certaine congruence. Il est clair que les affirmations selon lesquelles la Terre pourrait être capable de supporter une population de 10, 15 ou même 20 milliards d’individus pour une durée indéterminée et à un niveau de vie supérieur au niveau actuel sont non seulement terriblement trompeuses mais aussi presque certainement fausses. En dépit de notre dépendance actuelle à une croissance économique continue et ininterrompue, l’humanité doit reconnaître que la capacité maximale de la Terre à des limites physiques, biologiques et écologiques finies. Et si l’on en juge par les inquiétudes grandissantes sur le maintient de la qualité, de la stabilité et/ou de la durabilité de l’atmosphère, de l’eau, des forêts, des terres agricoles, des zones de pêche et de bien d’autres choses encore sur la planète, il y a peu de doutes quant au fait que beaucoup de ces limites seront bientôt atteintes, si elles n’ont pas déjà été dépassées. Dans la mesure où les dégâts causés par une reproduction humaine excessive et la surconsommation, dont les effets s’amplifient mutuellement, pourraient provoquer une pénurie irréversible de certaines ressources, et puisqu’il n’y a qu’une planète pour se livrer à cette expérience, il serait préférable pour notre espèce de choisir la prudence, adoptant à chaque fois que cela est possible une attitude réfléchie et responsable. Il est peut être temps que les preuves sur le sujet, que l’on a longtemps demandées aux soi-disant pessimistes néo-malthusiens, soient fournies par les "optimistes de la corne d’abondance". Laissons-les répondre : quelles preuves avons-nous que la Terre puisse supporter, sans dégâts irréparables, encore deux siècles ou plus de présence humaine, pendant lesquels la population mondiale et la consommation par tête excéderont toujours davantage sa capacité limite optimale (durable) ? Dans tous les cas, une fois établi un cadre de référence "quantifiable et falsifiable", il est temps d’affirmer que la rhétorique actuelle sur la réduction de la croissance ou même la stabilisation de la population, est clairement insuffisante. Les données empiriques et une logique implacable laissent entendre que notre position par défaut pour les deux ou trois siècles à venir devrait être de chercher une réduction significative du nombre d’êtres humains. Reconnaître notre dilemme Est-il naïf d’espérer que lorsqu’un nombre important de chercheurs préoccupés commenceront à considérer sérieusement cette réduction, il deviendra plus facile pour les scientifiques, les écologistes, les politiciens, les économistes, les moralistes et les autres citoyens du monde inquiets de parler ouvertement du besoin critique pour l’humanité d’une stabilisation et d’une réduction de la population ? Ils devraient au moins ne pas avoir le sentiment de commettre un suicide politique, professionnel ou moral en abordant ces problèmes. Le temps est de plus en plus précieux, et notre marge de manœuvre pour prendre des mesures efficaces pourrait se réduire rapidement - en admettant qu’il ne soit pas trop tard. Jusqu’à preuve du contraire, j’affirmerai donc qu’une croissance démographique insuffisamment ralentie devrait être considérée comme la caractéristique la plus importante dans un paysage physique, écologique, bio-culturel et socio-politique complexe (et synergique). Réguler la population humaine, et faire face aux nombreux problèmes qui seront engendrés par son inévitable rétrécissement, devrait être une priorité du dilemme moderne, et en tant que telle, elle devrait être traitée beaucoup plus sérieusement et rapidement qu’elle ne l’a été jusqu’à présent. Il y a plus d’un demi-siècle, à l’aube de l’ère nucléaire, Albert Einstein avait suggéré que nous aurions besoin d’une nouvelle façon de penser pour que l’humanité survive. Même si l’explosion de la population n’est pas aussi brusque et spectaculaire qu’une explosion nucléaire, ses conséquences finales pourraient être tout aussi réelles (et tout aussi dévastatrices) que le scénario d’hiver nucléaire envisagé au début des années 1980. Une réduction à grande échelle de la population mondiale sur les deux ou trois siècles prochains apparaît inévitable. Le problème majeur semble être de savoir si ce processus s’accomplira sous un contrôle humain conscient et (espérons-le) de manière relativement bénigne, ou si cela s’avérera être imprévisible, chaotique et (peut-être) catastrophique. Nous devons commencer à penser différemment à ce problème mondial d’une importance capitale, pour que les inquiétudes prescientes et légitimes d’Einstein sur la survie de l’espèce humaine et de la civilisation au 21ème siècle, et d’après, soient abordées aussi rapidement, pleinement et humainement que possible. Ne me parlez pas de pénurie. Mon monde est vaste et a plus qu’assez - pour un nombre limité. Il n’y a pénurie de rien, à part de volonté et sagesse ; mais il y a un surplus de gens. Garrett Hardin (1975) Ken Smail est professeur au département d’anthropologie du Kenyon College, et l’auteur de plusieurs articles et essais sur la population parus dans Population and Environment, Politics and the Life Sciences, et d’autres journaux. Cet essai est dédié à la mémoire de Kenneth Boulding et de Garrett Hardin.
 

Maniche, notre miroir


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Ricardo Seitenfus représentant de l'OEA en Haiti s'exprime

Le système de prévention des litiges dans le cadre du système onusien n’est pas adapté au contexte haïtien. Haïti n’est pas une menace internationale. Nous ne sommes pas en situation de guerre civile. Haïti n’est ni l’Irak ni l’Afghanistan. Et pourtant le Conseil de sécurité, puisqu’il manque d’alternative, a imposé des Casques bleus depuis 2004, après le départ du président Aristide.

Depuis 1990, nous en sommes ici à notre huitième mission onusienne. Haïti vit depuis 1986 et le départ de Jean-Claude Duvalier ce que j’appelle un conflit de basse intensité. Nous sommes confrontés à des luttes pour le pouvoir entre des acteurs politiques qui ne respectent pas le jeu démocratique. Mais il me semble qu’Haïti, sur la scène internationale, paie essentiellement sa grande proximité avec les Etats-Unis.
Haïti a été l’objet d’une attention négative de la part du système international. Il s’agissait pour l’ONU de geler le pouvoir et de transformer les Haïtiens en prisonniers de leur propre île. L’angoisse des boat people explique pour beaucoup les décisions de l’international vis-à-vis d’Haïti. On veut à tout prix qu’ils restent chez eux. - Qu’est-ce qui empêche la normalisation du cas haïtien? Pendant deux cents ans, la présence de troupes étrangères a alterné avec celle de dictateurs. C’est la force qui définit les relations internationales avec Haïti et jamais le dialogue.

Le péché originel d’Haïti, sur la scène mondiale, c’est sa libération. Les Haïtiens commettent l’inacceptable en 1804: un crime de lèse-majesté pour un monde inquiet. L’Occident est alors un monde colonialiste, esclavagiste et raciste qui base sa richesse sur l’exploitation des terres conquises. Donc, le modèle révolutionnaire haïtien fait peur aux grandes puissances. Les Etats-Unis ne reconnaissent l’indépendance d’Haïti qu’en 1865. Et la France exige le paiement d’une rançon pour accepter cette libération.
Dès le départ, l’indépendance est compromise et le développement du pays entravé. Le monde n’a jamais su comment traiter Haïti, alors il a fini par l’ignorer. Ont commencé deux cents ans de solitude sur la scène internationale. Aujourd’hui, l’ONU applique aveuglément le chapitre 7 de sa charte, elle déploie ses troupes pour imposer son opération de paix.

On ne résout rien, on empire. On veut faire d’Haïti un pays capitaliste, une plate-forme d’exportation pour le marché américain, c’est absurde. Haïti doit revenir à ce qu’il est, c’est-à-dire un pays essentiellement agricole encore fondamentalement imprégné de droit coutumier. Le pays est sans cesse décrit sous l’angle de sa violence. Mais, sans Etat, le niveau de violence n’atteint pourtant qu’une fraction de celle des pays d’Amérique latine. Il existe des éléments dans cette société qui ont pu empêcher que la violence se répande sans mesure. - N’est-ce pas une démission de voir en Haïti une nation inassimilable, dont le seul horizon est le retour à des valeurs traditionnelles?

Il existe une partie d’Haïti qui est moderne, urbaine et tournée vers l’étranger. On estime à 4 millions le nombre de Haïtiens qui vivent en dehors de leurs frontières. C’est un pays ouvert au monde. Je ne rêve pas d’un retour au XVIe siècle, à une société agraire. Mais Haïti vit sous l’influence de l’international, des ONG, de la charité universelle. Plus de 90% du système éducatif et de la santé sont en mains privées.
Le pays ne dispose pas de ressources publiques pour pouvoir faire fonctionner d’une manière minimale un système étatique. L’ONU échoue à tenir compte des traits culturels. Résumer Haïti à une opération de paix, c’est faire l’économie des véritables défis qui se présentent au pays. Le problème est socio-économique. Quand le taux de chômage atteint 80%, il est insupportable de déployer une mission de stabilisation. Il n’y a rien à stabiliser et tout à bâtir. –

Haïti est un des pays les plus aidés du monde et pourtant la situation n’a fait que se détériorer depuis vingt-cinq ans. Pourquoi? L’aide d’urgence est efficace. Mais lorsqu’elle devient structurelle, lorsqu’elle se substitue à l’Etat dans toutes ses missions, on aboutit à une déresponsabilisation collective. S’il existe une preuve de l’échec de l’aide internationale, c’est Haïti. Le pays en est devenu la Mecque. Le séisme du 12 janvier, puis l’épidémie de choléra ne font qu’accentuer ce phénomène. La communauté internationale a le sentiment de devoir refaire chaque jour ce qu’elle a terminé la veille. La fatigue d’Haïti commence à poindre. Cette petite nation doit surprendre la conscience universelle avec des catastrophes de plus en plus énormes. J’avais l’espoir que, dans la détresse du 12 janvier, le monde allait comprendre qu’il avait fait fausse route avec Haïti. Malheureusement, on a renforcé la même politique. Au lieu de faire un bilan, on a envoyé davantage de soldats. Il faut construire des routes, élever des barrages, participer à l’organisation de l’Etat, au système judiciaire. L’ONU dit qu’elle n’a pas de mandat pour cela. Son mandat en Haïti, c’est de maintenir la paix du cimetière. –

Quel rôle jouent les ONG dans cette faillite? A partir du séisme, Haïti est devenu un carrefour incontournable. Pour les ONG transnationales, Haïti s’est transformé en un lieu de passage forcé. Je dirais même pire que cela: de formation professionnelle. L’âge des coopérants qui sont arrivés après le séisme est très bas; ils débarquent en Haïti sans aucune expérience. Et Haïti, je peux vous le dire, ne convient pas aux amateurs. Après le 12 janvier, à cause du recrutement massif, la qualité professionnelle a beaucoup baissé. Il existe une relation maléfique ou perverse entre la force des ONG et la faiblesse de l’Etat haïtien.

Certaines ONG n’existent qu’à cause du malheur haïtien. - Quelles erreurs ont été commises après le séisme? Face à l’importation massive de biens de consommation pour nourrir les sans-abri, la situation de l’agriculture haïtienne s’est encore péjorée. Le pays offre un champ libre à toutes les expériences humanitaires. Il est inacceptable du point de vue moral de considérer Haïti comme un laboratoire. La reconstruction d’Haïti et la promesse que nous faisons miroiter de 11 milliards de dollars attisent les convoitises. Il semble qu’une foule de gens viennent en Haïti, non pas pour Haïti, mais pour faire des affaires. Pour moi qui suis Américain, c’est une honte, une offense à notre conscience. Un exemple: celui des médecins haïtiens que Cuba forme. Plus de 500 ont été instruits à La Havane. Près de la moitié d’entre eux, alors qu’ils devraient être en Haïti, travaillent aujourd’hui aux Etats-Unis, au Canada ou en France. La révolution cubaine est en train de financer la formation de ressources humaines pour ses voisins capitalistes… - On décrit sans cesse Haïti comme la marge du monde, vous ressentez plutôt le pays comme un concentré de notre monde contemporain… C’est le concentré de nos drames et des échecs de la solidarité internationale. Nous ne sommes pas à la hauteur du défi.
La presse mondiale vient en Haïti et décrit le chaos. La réaction de l’opinion publique ne se fait pas attendre. Pour elle, Haïti est un des pires pays du monde. Il faut aller vers la culture haïtienne, il faut aller vers le terroir. Je crois qu’il y a trop de médecins au chevet du malade et la majorité de ces médecins sont des économistes. Or, en Haïti, il faut des anthropologues, des sociologues, des historiens, des politologues et même des théologiens. Haïti est trop complexe pour des gens qui sont pressés; les coopérants sont pressés. Personne ne prend le temps ni n’a le goût de tenter de comprendre ce que je pourrais appeler l’âme haïtienne. Les Haïtiens l’ont bien saisi, qui nous considèrent, nous la communauté internationale, comme une vache à traire. Ils veulent tirer profit de cette présence et ils le font avec une maestria extraordinaire. Si les Haïtiens nous considèrent seulement par l’argent que nous apportons, c’est parce que nous nous sommes présentés comme cela. –

Au-delà du constat d’échec, quelles solutions proposez-vous? Dans deux mois, j’aurai terminé une mission de deux ans en Haïti. Pour rester ici, et ne pas être terrassé par ce que je vois, j’ai dû me créer un certain nombre de défenses psychologiques. Je voulais rester une voix indépendante malgré le poids de l’organisation que je représente. J’ai tenu parce que je voulais exprimer mes doutes profonds et dire au monde que cela suffit. Cela suffit de jouer avec Haïti. Le 12 janvier m’a appris qu’il existe un potentiel de solidarité extraordinaire dans le monde.

Même s’il ne faut pas oublier que, dans les premiers jours, ce sont les Haïtiens tout seuls, les mains nues, qui ont tenté de sauver leurs proches. La compassion a été très importante dans l’urgence. Mais la charité ne peut pas être le moteur des relations internationales. Ce sont l’autonomie, la souveraineté, le commerce équitable, le respect d’autrui qui devraient l’être. Nous devons penser simultanément à offrir des opportunités d’exportation pour Haïti mais aussi protéger cette agriculture familiale qui est essentielle pour le pays. Haïti est le dernier paradis des Caraïbes encore inexploité pour le tourisme, avec 1700 kilomètres de côtes vierges; nous devons favoriser un tourisme culturel et éviter de paver la route à un nouvel eldorado du tourisme de masse.

Les leçons que nous donnons sont inefficaces depuis trop longtemps. La reconstruction et l’accompagnement d’une société si riche sont une des dernières grandes aventures humaines. Il y a 200 ans, Haïti a illuminé l’histoire de l’humanité et celle des droits humains. Il faut maintenant laisser une chance aux Haïtiens de confirmer leur vision.
Remarque: Après cette interview au journal suisse "Le Temps", Ricardo Seitenfus a été démis de ses fonctions en tant que Représentant du Secrétaire Général de l'Organisation des Etats américains en Haïti.

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Cavaillon - Maniche - Camp-perrin : un nouvel axe routier se dessine.





Par : Pierre Jamil Durand


On n'en parle pas trop, mais, des travaux de désenclavement régional se dégagent timidement au pays, confronté à l'exode rural chronique qui s'est amplifié depuis plusieurs générations. Après l'indifférence séculaire de l'État en ce qui a trait au développement régional et à la promotion rurale, c'est donc avec surprise et satisfaction qu'on observe un réajustement, sinon un revirement dans la politique antérieure des décideurs. Mais, les résultats sur la qualité de vie paysanne ne seront apparents qu'après plusieurs générations.



Un petit sentiment de bonheur


De Maniche étant, durant les " festivités notoires du centenaire", j'ai emprunté machinalement la nouvelle route en construction vers Cavaillon. On aperçoit facilement le tracé à l'entrée du village, au bas de la côte est de Malo, petite agglomération qui surplombe le centre-ville. Ma Honda CRV n'a pas trop souffert. Lentement, j'ai traversé les quelques kilomètres qui m'ont conduit jusqu'à la limite, à Dasma. Et là, un retour spectaculaire dans ma lointaine enfance m'a fait revivre un instant de bonheur sublime. J'ai alors revu ma grand-mère et les souvenirs qui s'y rattachent. Le tracé de la route, suivant scrupuleusement à un moment donné, le petit sentier en terre battue qui conduit à " Beauregard ", localité rurale très profonde où elle habitait et où j'ai vu le jour. J'y ai vécu jusqu'à l'âge de 5 ans, parcourant tous les mardis avec ma grand-mère, ce trajet qui mène à Maniche, pour visiter ma mère, alors jeune femme récemment mariée. Tous mes sentiments d'enfant, des images de l'époque, même le parfum du paysage rural me sont revenus comme un nuage bienveillant remplissant mon espace intérieur dans un élan de parfait bonheur. Ce petit bout de route m'a alors remis au passé antérieur dans un futur simple insaisissable dont seul l'avenir peut avoir le secret. L'émotion qui m'a envahi au cours de cette petite ballade, subsisterait probablement au-delà du temps qui me reste et à travers tout autre sentiment similaire



Un axe routier qui tombe sous le sens.

Maniche sera donc bientôt en lien direct avec Cavaillon et Camp-perrin. Ce sera le premier coup foudroyant porté à l'enclavement historique de notre région, porteuse d'avenir pour la population indigène. Les retombées sont multiples :

1. Meilleure circulation des produits et des biens.
2.Accès direct au transport en commun
3. Proximité des populations urbaines et rurales
4. Économie rurale plus dynamique
5. Voie de contournement fiable reliant le Sud à la Grand'Anse.
6. Revitalisation des localités traversées par le nouvel axe routier.
7. Nouvelle dynamique dans la Cité manichoise


La route débute au bas de la résidence de M. Maxime en amont du petit chemin qui mène à Malo. Elle mesure plus ou moins 10 pieds de large et longe la rizière ( lan Macaye) dans la frontière supérieure où débute la montagne environnante. Elle traverse au complet l'habitation de Bourdeau. Le tracé est nouveau jusqu'au niveau de Dasma. À partir de là, on emprunte l'ancien petit sentier en terre battue qui mène à Me. Marin. Cependant, un ruisseau assez important, né du "Grand-saut " de la zone sorti des entrailles de la montagne environnante, impose l'installation d'un pont assez important. Cela semble arrêter les ardeurs du constructeur qui reviendra probablement en force, espérons-le.Il s'agit, selon mes informations du CNE ( Centre National d' Équipements) qui dépend directement du palais national.( disons plutôt de ce qui reste du palais national )

La route est pour le moment en pierres. Mais il est rationnel de penser qu'elle est destinée à être asphaltée dans l'avenir, compte tenu de son caractère stratégique. Un simple regard sur une carte, établit la proximité entre Cavaillon Maniche et Camp-Perrin qui raccourcit la distance pour atteindre la Grand'Anse venant de L'Ouest. Des rumeurs persistantes laissaient entendre que ce trajet faisait partie du tracé de la route de Jérémie à partir de Cavaillon..


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/p> Nous présentons nos sympathies au Professeur JEAN LAFOREST VISENÉ à l'occasion du décès de sa mère Me. VITELMA VISENÉ.


Nos condoléances vont également au Père RULX ANDRÉ ALCINÉUS à l'occasion de la mort de son oncle TI TOUTOU.


Le Professeur JEAN LAFOREST et le Père RULX ANDRÉ sont tous les deux membres actifs de notre réseau " Solidarité Manichoise".



Nous souhaitons aux âmes des défunts un repos paisible dans le confort du Paradis éternel


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Vers un fonds manichois permanent de cotisation communautaire


Par : Pierre jamil Durand



La réussite individuelle est bien perceptible quand on se promène sur les différents chantiers de construction en cours dans le village. On peut aussi l'observer à travers des photos affichées sur " Solidarité manichoise" où la qualité architecturale contraste avec les petites maisons artisanales d'autrefois. Les récentes constructions n'ont donc absolument rien à envier à celles des métropoles. Elles intègrent, pour la plupart, plusieurs salles de bain, cuisine, salle à manger et placards, ajoutés aux pièces conventionnelles telles que chambres, salon et salle de séjour, à l'instar des grandes maisons de l'Amérique du nord. Maniche, on peut l'affirmer, toute proportion gardée, est visiblement en "effervescence.immobilière" depuis plusieurs années, envahie de façon sporadique par une génération de Manichois, en phase préparatoire pour un retour aux sources après une vie active à l'extérieur du pays.

Cependant, notre insignifiance collective est tout aussi, pour ne pas dire davantage, perceptible pour quiconque s'exerce à nous définir à partir d'une réussite collective. Quelle est donc la démarche commune qui a abouti à une réussite communautaire ? Que pouvons-nous identifier à Maniche comme étant un bien collectif valable, générateur de fierté communautaire? N'essayez pas d'en trouver, il n'en existe pas. Nous vivons pourtant en société pour mieux faire face à la fatalité. La vie est bien plus supportable lorsque les hommes font front commun pour l'affronter. Elle peut être bien plus belle si nous nous mettons ensemble pour échafauder ce que seul nous ne pouvons réussir. Nous manquons de tout à Maniche. De la plus négligeable structure organisationnelle à la plus souhaitable infrastructure communautaire.

Une formule de contribution


La dispersion des membres de notre petite communauté à travers les villes, les pays et les continents du monde, dilue passablement nos velléités. Nous affichons aussi en tant que groupe communautaire, un déficit de personnalités d'avant-scène engagées. Il nous manque ce noyau de citoyens visionnaires, entreprenants et optimistes autour desquels pivotent d'autres citoyens débordant d'enthousiasme qui peuvent convaincre et entraîner la majorité vers l'entonnoir du progrès collectif.

" Solidarité manichoise " souhaite ardemment que 2011, année de la célébration du centenaire de notre paroisse, puisse amener les Manichois du monde, par leur présence en nombre et en qualité citoyenne, à définir des actions valables et intelligentes pour construire une entité permanente dont le rôle serait d'assurer de façon constante, la mise à jour du souci collectif et d'alimenter régulièrement, de façon modeste, un fonds de cotisation communautaire. Oui, un fonds de cotisation volontaire, peut être l'option suprême pour obtenir les moyens de nos ambitions communautaires Pensez-y.



<============================================================================ Autour des obtacles au développement endogène d'Haiti


Par : Prof Jean Laforest Visené



Le feu Docteur Wilfrid Joseph, diplômé de la Faculté des Sciences Agronomique de Gembloux (Belgique) et de l’Université du Québec (Montréal-Canada) , prêtait ses services à titre de Professeur de « Stratégies Développement Endogène » à la Faculté d’Ethnologie de l’Université d’Etat d’Haïti, avant de devenir Directeur du Département des Sciences du Développement à cette faculté. Ce talentueux professeur ne ratait jamais l’occasion de livrer son opinion sur la préoccupante question de stratégie à mettre en œuvre pour parvenir au développement réel d’Haïti. C’est avec beaucoup d’enthousiasme, dans un cadre d’entretien, qu’il nous a livré ses opinions sur les facteurs qui constituent des obstacles au développement endogène du pays peu de temps avant sa mort. Avec des commentaires personnels intégrés, nous avons le plaisir de partager avec vous sa perception par rapport aux obstacles au développement endogène d’Haïti.


Le Dr Wilfrid Joseph a identifié sept (7) obstacles majeurs obstacles au développement endogène d’Haïti. Il s’agit de : L’immobilisme social ; l’absence d’idéal et de mission ; la mentalité de suivisme qui caractérise la plupart de nos dirigeants ; le système d’enseignement inadapté aux véritables besoins de notre milieu ; le comportement irresponsable des « élites » haïtiennes ; le manque de préparation pour rentrer dans la mondialisation ; l’héritage colonial très compromettant ; A ceux-là s’ajoute : les projets anti-développemental istes implantés dans le pays ; Enfin, l’uni-polarité du monde. Bien avant, qu’est le développement endogène suivant la perspective du Dr Joseph.

. Définition du concept de développement endogène
Le développement endogène d’après le Dr Joseph, est : « une stratégie de développement qui s’articule autour de l’actualisation ou de la mise en valeur de ce que l’on a, de ce que l’on est et de ce que l’on veut devenir. Cette stratégie, d’après lui, implique le droit et même le devoir, sans aucune forme d’autarcie poussée à outrance et sans fins, d’établir les grandes priorités sectorielles et nationales sans rejeter la modernité ».

Eclaircissons davantage en disant que le développement endogène est un développement dont la genèse, la mise en œuvre, le fonctionnement et les sphères d’intervention sont déterminés par la population et les élites locales. Il est diligenté de l’intérieur, centré sur le milieu et conduit suivant les orientations internes. Cela n’exclu aucunement l’aide externe, en particulier le financement et l’utilisation de ressources humaines externes. Il ne faut pas penser non plus que le développement endogène néglige certains ensembles de besoins. Mais, il les établit par ordre de priorité : d’abord, ceux des zones rurales et de leurs habitants ; ensuite, ceux des communautés nationales, considérées dans leur ensemble ; et enfin, ceux du système international. Nul ne pourrait arriver à un développement réel sans admettre l’importance de ces trois ensembles et planifier en conséquence. De plus signalons que pour nous, on ne peut pas parler de développement endogène sans tenir compte de l’ « enracinement » populaire, en particulier de ses aspects culturels.

Analysons, maintenant et particulièrement, les facteurs mentionnés par le docteur Wilfrid Joseph comme étant des obstacles au développement endogène d’Haïti.

2. Immobilisme social
Le premier, l’immobilisme social, porte l’empreinte de notre système éducatif moribond, de la classe dominante apatride et de la religion qui développe chez l’Haïtien une mentalité de résigné.

En effet, Paul Moral dans l’Economie haïtienne (1958) et Edouard Francisque dans Perspective de développement économique en Haïti (1968) ont tour à tour soulevé ce problème en le présentant comme un handicap majeur au développement réel du pays. Paul Moral disait que : « si la production globale est faible c’est parce que l’Haïtien croit à un ordre naturel qui évolue et arrange tout ». Ce qui d’après lui «postule l’Haïtien dans la pratique de la résignation, la passivité et la soumission au fatalisme ». Quant à Édouard Francisque, il parle d’une «barrière psychologique que constituent la méfiance et le conservatisme du paysan qui ne se laisserait pas entraîner facilement dans la libération du sol des entraves de ce morcellement excessif en faisant sauter les barrières de haie vive ». Il est d'une évidence certaine que le professeur Wilfrid Joseph a raison de mentionner ces aspects comme obstacles au développement endogène d’Haïti.

Nous devons également souligner qu’à coté de l’immobilisme social, il y a celui du refus de l’Haïtien de l’intérieur, en particulier l’élite intellectuelle, de s’affirmer comme tel. Ce qui, de toute évidence handicap le développement endogène du pays. Car, ce type de développement est axé sur le principe de l’acceptation de soi par soi. Il est évident que l’Haïtien de l’intérieur cherche à se poster comme étranger à sa propre culture. Derrière ce comportement se cache, certes, un problème de manque d’estime de soi mais, et surtout d’affirmation de supériorité de soi par rapport aux autres. Ce qui dénote le miettement du tissu social haïtien. En s’affichant comme l’autre, en particulier l’occident, il vous dit qu’il ne vous ressemble pas, en conséquence, supérieur à vous. Drôle de contraste, cependant, l’Haïtien quant il est à l’extérieur s’affiche et s’impose comme tel.

3. Absence d’idéal et de mission
Le second aspect, l’absence d’idéal et de mission qui s’exprime par l’absence d’un cadre macroéconomique bien défini, répond à tous les critères pour qu’il soit considéré comme facteur d’obstacle. A cet effet, le professeur Wilfrid Joseph est d’avis qu’un peuple sans idéal, c’est-à-dire sans rêve, est un peuple sans avenir. Or, les rêves sont à la base de tout devenir social. C’est pour cette raison que certains estiment qu’il faudrait, développer un destin de grandeur chez l’Haïtien.

Il est à signaler qu’en fouillant dans les archives nationales et ministérielles, on ne retrouve que deux plans quinquennaux de développement ; donc, l’Etat haïtien n’a jamais eu de projets de société. Alors qu’en principe c’est l’Etat, à travers ses représentants, qui définit le type de société à devenir et se dote des moyens nécessaires pour y parvenir. Le professeur Joseph a raison d’estimer qu’on ne peut pas développer un peuple qui n’a pas d’idéal, d’autant plus si ses leaders n’ont pas de mission, d’idéal et de conviction.

4. Mentalité de suivisme
Le suivisme irrationnel, cette tendance à nous aligner béatement sur la position des autres sans même discerner les intérêts qui sont en causes, constitue un obstacle majeur à notre auto-développement croyait le professeur Joseph. En Haïti, effectivement, il est malheureux de constater qu’on s’affiche ou qu’on s’identifie à un courant sans être convaincu qu’il s’agit d’un choix raisonnable. Il n’est pas étonnant que beaucoup d’haïtiens aient été « macoutes » non pas par doctrine mais par suivisme, de même que beaucoup avaient été « lavalassiens » ou « titidiens » sans savoir pourquoi. Aujourd’hui encore, certains choisissent d’être à coté du régime en place non pas par conviction et / ou rationalisme, mais par suivisme.

D’après le Dr Joseph, ce facteur de suivisme est beaucoup plus dangereux quand c’est au niveau du sommet de la hiérarchie qu’il se manifeste. Il arrive souvent, explique le professeur Joseph, que nos décideurs, toujours par cette seconde nature de suivisme, importent des modèles de l’étranger et les appliquent sans tenir compte de la réalité haïtienne. Effectivement cette mentalité de suivisme est un obstacle au développement endogène d’Haïti d’autant plus qu’il nous amène à ne valoriser que ce qui vient de l’étranger.

5. Système d’enseignement inefficace
Que dire du système d’enseignement haïtien, répond-t-il aux besoins réels du milieu ? En d’autres termes, s’articule-il autour des grands axes devant conduire à un profil professionnel d’un citoyen haïtien qualifié pour servir son pays ou lui prépare-t-elle à l’exil ? En effet bien des questions se posent sur la finalité de l’école haïtienne. Le professeur Wilfrid Joseph se pose les mêmes questions ; en s’inquiétant de l’antagonisme entre la finalité, les objectifs, les résultats attendus dans notre système d’enseignement et les besoins réels du pays.

En fait, nous nous demandons si l'école haïtienne, dans son conditionnement actuel, pouvait permettre l'émergence d’ « états majors » capables d’étudier, d’élaborer et de conduire une véritable stratégie de développement endogène ? Nous nous demandons également où sont placées dans notre système éducatif les passerelles de formation professionnelle ? Où sont formés nos cordonniers, nos menuisiers, bref, nos artisans ? S’agit-il d’une école bloquée, dépassée, d’exode ou d’exotisme. De toute manière cette école haïtienne d’aujourd’hui ne nous conduira pas à un développement endogène. L’agronome Joseph a bien fait de l’indexer d’obstacle à notre auto-développement.

Toutefois, il judicieux de souligner que beaucoup de produits du système d’enseignement haïtien ont brillé et brille encore par leur science dans des « hauts lieux » à l’extérieur. Pourtant, les placer dans les mêmes fonctions au niveau local on les voit tergiverser. On dirait que la délocalisation de la fonction provoque une déficience du savoir-faire. Certainement, ce n’est pas la même configuration sociale mais, c’est incompréhensible que ces éminents technocrates n’arrivent pas à apprivoiser leur milieu. Cela voudrait dire qu’à coté du problème du système d’enseignement haïtien il y a lieu d’explorer la thèse de la manipulation exogène, sans faire référence à un certain fatalisme.

6. Comportement irresponsable des élites haïtiennes
Le comportement irresponsable des élites haïtiennes est en fait le nœud gordien du mal développement local. On ne comprend pas, par exemple, le comportement de l’élite économique au lieu d’être l’allié du développement du par l’injection de capitaux dans l’industrie locale se contente de jouer le rôle d’intermédiaire entre les producteurs étrangers et les consommateurs haïtiens. Le professeur Joseph s’est demandé : « Pourquoi ne produise-t-elle pas dans la plaine des Cayes, de Jean Rabel et d’ailleurs le riz dont l’écoulement sur le marché local est pourtant assuré ? Pourquoi avec la complicité des hommes politiques locaux, elle a entraîné la fermeture des usines sucrières, alors que le taux en saccharose de la canne cultivée dans le pays était parmi les plus élevés en Amérique ? ».

Dans cette même ligne de mire le professeur Joseph a fait remarquer que notre pays importe des oignons, des bananes, des noix de coco, du miel, du maïs, du soja, pourtant le sol national est capable de satisfaire la demande locale et même pourrait trouver un surplus pour l’exportation. Pourquoi a-t-on liquidé la cimenterie nationale pour importer du ciment mis en place dans des sachets baptisés « Ciment Varreux » ? Pourquoi certaines productions, en particulier, culturelles et textiles, fabriquées en Haïti sont exportées avec la griffe « made in Jamaica" ou "made in Dominican Republic » etc. ?

Pourquoi l’importation des « Pèpè » si ce n’est que pour mettre au chômage nos tailleurs, nos couturières, nos menuisiers et nos cordonniers ? Pourquoi n’a-t-on pas cultivé nos plantes médicinales pour notre consommation interne et pour l’exportation ? Pourquoi sommes-nous contraints d’importer de l’ail de la citronnelle, du coton, pour ne citer que cela alors que nos conditions écologiques se prêtent bien à ces cultures. Et que dire de l’aloès, qui servait autrefois comme purgatif et en teinturerie ?

Le docteur Wilfrid Joseph a condamné cette hypocrisie de nos élites qui ne sont, en fait, que des agents du sous-développement, par conséquent, responsable de la crise socio-économique profonde que connaît notre pays. Il y a donc une complicité manifeste des élites haïtiennes pour que ce pays état lamentable et dépotoir, et n’arrive pas à un développement endogène.

7. Manque de préparation pour entrer dans la mondialisation
Il est vrai qu’avec la mondialisation, ce sont les grandes entreprises qui sont entrain de diriger le monde. Cependant, la mondialisation n’a pas que des aspects négatifs. Un pays préparé peut en profiter pour étendre son marché. En effet la mondialisation nous donne l’opportunité à rentrer en compétition avec les autres par nos productions en mettant en place une politique de substitution à l’importation. L’Etat se doit de créer les moyens pour faciliter les investisseurs locaux, de la diaspora et de l’étranger dans les secteurs porteurs de développement. Mais le manque de préparation d’Haïti ne ferait d’elle, dans ce cadre de mondialisation, qu’une simple consommatrice de la production externe.

A l’heure d’une remise en cause de notre existence l’endogénisme bien articulé est la seule voie de développement effectif du pays. Parvenu à l’uni-polarité le Dr Joseph croit qu’aujourd’hui ce sont les grandes entreprises multinationales qui dirigent le monde. Or, les pays riches se contentent comme l’affirme Maurice Guerrier dans La dernière chance du monde (1968), de distribuer … une aide qui ressemble fort à une aumône. Ayant verse cette obole et s’étant donné bonne conscience, ils laissent aller …. Et il ne se passe rien. Aujourd’hui apparaît clairement la priorité de la coopération supranationale sur le principe de l’indépendance nationale. La mondialisation si elle est mal abordée peut constituer effectivement un obstacle au développement endogène du pays. Mais bien avant ces facteurs d’obstacle il y a un facteur autant important que les précédent c’est celui de l’héritage colonial.

8. Héritage du passé colonial
Cette thèse part de l’idée que les Français n’ont pas laissé suffisamment de structures qui pouvaient favoriser le progrès économique et social de la république d’Haïti. Si c’était une colonie anglaise cela aurait été différent, pensent certains. Certainement !

Il y a deux aspects de l’héritage colonial qui ne sont pas favorable au développement endogène d’Haïti. Le premier aspect est celui du type de colonie de la France qui suivait une logique d’exploitation pure et simple contrairement aux anglais qui avait une logique de peuplement. Le deuxième aspect touche les conditions dans lesquelles nous avons pris notre indépendance. La plupart des biens de la colonie sont parties en fumée avec la stratégie le fameux slogan : « Koupe tèt, boule kay ». Suivent les troubles politiques intestines qui ne favorisent pas la reconstruction infrastructurelle de l’espace et enclencher un processus de développement endogène.

9. En guise de conclusion
Au cours de cet article, nous avons rapporté et commenté sept (7) obstacles majeurs au développement endogène d’Haïti identifié par le docteur Wilfrid Joseph. Ce sont : L’immobilisme social ; l’absence d’idéal et de mission ; la mentalité de suivisme qui caractérise la plupart de nos dirigeants ; le système d’enseignement inadapté aux véritables besoins de notre milieu ; le comportement irresponsable des « élites » haïtiennes ; le manque de préparation pour rentrer dans la mondialisation ; l’héritage colonial très compromettant. D’autres facteurs tels : les projets anti-développementaux implantés dans le pays, l’uni-polarité du monde, la déficience de la classe politique, la manipulation de forces extérieures doivent être aussi suspectés.

Présentement, que doit-on, faire pour sortir Haïti de son bourbier et enclencher un véritable développement endogène ? Certainement, on ne pourra pas répondre convenablement à cette question ici. Mais, on avance quatre prérequis indispensables à la définition d’une politique de développement endogène :
· D’abord, il faut une volonté réelle de développer ;
· Des choix politiques ;
· La valorisation de soi (notre haïtiennetée) et de la production nationale ;
· Et enfin, la définition d’un cadre macro-économique de développement.
Il faudrait également, à force d’actions rationnelles, méthodiques et calculées, bâtir une mentalité de progrès chez l’Haïtien. Un seul mythe dans le dispositif et tout serait compromis. Enfin, il faudrait, comme dans la logique de Bossuet, que l’Haïtien arrive à un niveau de maturation où il prend les choses pour ce qu’elles sont et non pour ce qu’il voudrait qu’elles soient. Ainsi, croyons-nous, les bases seront posées pour ouvrir la voie au développement endogène d’Haïti post temporis Josephienne.

Jean Laforest VISENE
Professeur à l'Université d'Etat d'Haïti (UEH)
Sociologue, M.A. SC. Dev.
COLLECTIF EDUCA-DEV (COED)Partager Twitter Facebook Facebook
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================================================================= ( 2001-2011, dix ans déjà sous les projecteurs)

Maniche se souvient

Un Hommage à M. Pierre François Sildor

Par : Pierre jamil Durand


Monsieur Pierre François Sildor pourrait très bien se passer de présentation. Son faisceau rayonnant couvre probablement Haiti toute entière mais, se concentre surtout dans la partie Sud du pays et particulièrement à Maniche d'où il est originaire. C'est donc là qu'il a vécu son enfance, son adolescence, sa jeunesse à lancer ses premiers " festibals ", à jouer au foot ou aux balles, à faire ses premiers pas de danse dans les petits bals. Comme tous les jeunes de son âge. C'est aussi là qu'il a appris son petit catéchiste, amorcé son instruction civique et morale, débuté l'étude de l'histoire et de la géographie; bref, il y a initié son apprentissage à la culture universelle. Maniche a donc été pour lui, une rampe de lancement exceptionnelle. Elle est aujourd'hui le miroir qui lui renvoie l'indéfectible image des premières heures de sa jeunesse. Comme pour tous les Manichois d'ailleurs.


Sa formation

Pierre François Sildor est d'emblée, une personnalité respectée et reconnue. Diplômé à l' Institut National de Gestion et d' Administration d' Haiti à la fin des années soixante dix, il a débuté sa carrière de gestionaire à la Compagnie d'Électricité ( EDH ) où il fera un travail remarquable. Cela lui a alors valu une bourse d'études qui l'a amené au Canada d'où il sortira quelques années plus tard avec une Maîtrise en Administration des Affaires ( MBA ). Étant encore tout jeune, Il aurait pu, à ce moment-là, tomber sous le charme de ce nouveau pays dont le contraste avec le sien est foudroyant. Mais il a plutôt décidé de rester fidèle à lui-même et à son pays. À son retour, il obtient très vite le poste de Directeur Général de l'Institution dans un contexte de pénurie d'électricité et d'instabilité politique chroniques. Le voilà alors au sommet de sa carrière d'administrateur, prenant des décisions d'État pour des raisons d'État. Le directeur Sildor devient très vite, en tant que haut fonctionaire, un personnage public important qui doit affronter les médias, fournir des explications et tenter d'apaiser une population déchaînée par le phénomène du " black out " national. Ses compétences d'administrateur n'ont jamais été contestées pendant ses dix- sept années au service de cette Institution. Nos entreprises d'État, étant plutôt , historiquement mal entretenues en ressources diverses et dépouillées trop longtemps de cette vision d'État , stratégique au développement du pays.



Son engagement

M. Sildor, en dépit de ses promotions fulgurantes, reste une personnalité modeste, attachante, débarrassée de tout complexe et profondément attachée à ses racines locales. Tout au cours de sa longue carrière de fonctionnaire et aujourd'hui encore, il revient régulièrement dans son coin natal, nourrissant constamment l'espoir de voir lever le jour pour ces générations de familles défavorisées à tout point de vue. Il organise alors de temps en temps des petites conférences pour jeunes et moins jeunes, tente de leur faire une nouvelle éducation, ajuster leur mentalité, passer des informations pertinentes et apporter un peu de sa lumière. Rien ne l'oblige, ne l'encourage à s'investir autant. Il aurait pu se complaire dans son statut de fonctionnaire, regardant de haut son petit village d'origine et fréquenter des gens de sa nouvelle classe sociale. Mais, non, il a préféré répandre comme il peut, la semence de l'espoir, jouant son rôle de Grand Frère dans une région qu'il affectionne abondamment.


Cette affection s'est d'ailleurs manifestée de façon spectaculaire. C'est à notre très dévoué Directeur Sildor que la commune de Maniche doit son savoureux réseau électrique. Cette acquisition colossale et inattendue a, indéniablement, lancé de façon convaincante et définitive, l'avenir de toute la région. M. Pierre.F.Sildor, en tant que Directeur Général de l'EDH a décidé " que la lumière soit " à Maniche et effectivement " la lumière fut "dès les premières heures de l'an 2001. Sa présence, dit-on, était persistante durant les travaux d'installation. Il encourageait les techniciens, leur mettait même de la pression. Il était pressé du plus vif désir de terminer le travail pour enfin voir, sans jeu de mot, la belle lumière au bout du tunnel de l'espoir. C'était alors l'euphorie : un enfant légitime de notre petit village, devenu premier fonctionnaire d'une importante entreprise d'État, a effectué élégamment un imprévisible retour d'ascenseur. La communauté manichoise d'outre-mer jubile. On n'y croît pas trop, on s'informe, on veut voir. Les projets d'avenir changent, se précisent ou se prennent au gré des informations locales réjouissantes et des possibilités matérielles disponibles. Maniche, autrefois boudée par les Manichois eux-mêmes, attire désormais une certaine génération qui effectue joyeusement d'importants investissements pour se refaire la maison familiale. Notre attachante commune est désormais millionnaire par le produit du nombre de résidences de qualité, versus l'effort monétaire consenti pour les construire





Son impact

.M. Sildor s'implique manichoisement sous plusieurs formes pour un développement régional durable. Il effectue des démarches, utilise son statut, ses contacts, son prestige, ses talents et ses connaissances pour concevoir des projets, chercher du financement, promouvoir en tout sens, sa région natale. Cet ex grand fonctionnaire de l'État , ce monument manichois qu'on lui reconnaît, n'est alors pas une vue de l'esprit ni une dividende extorquée par le clan familial. Rendons à César ce qui revient à César. PFS est une tête bien faite, bien boulonnée, une des meilleures, selon nous, de toutes les générations manichoises. Il a fait partie du sommet de la hierarchie dirigeante, provoquant ainsi le rayonnement national de notre commune. Il a réussi au- delà de nos espérances communautaires et il continue. Nous pouvons fièrement reconnaître en lui notre icône de référence régionale. C'est un esprit lampadaire, un projecteur.

Solidarité manichoise rend hommage à ce phénomène qui est passé à l'histoire comme étant celui qui a apporté la lumière dans la grande région de Maniche. La postérité communale retiendra son nom, comme étant le Manichois d'origine qui a transcendé les angoisses et les mésaventures de jeunesse pour se rendre disponible, étant déjà disposé, à stimuler toutes les ressources humaines et régionales pour le bien collectif

Soldarité manichoise, à l'occasion de ce 10e anniversaire sous les projecteurs, lui dit MERCI, le félicite et l'encourage à continuer, en dépit de cette apparente insouciance collective qui, parfois, déstabilise, même les plus enthousiastes.

Rendons toujours à César ce qui revient à César.

"Solidarité manichoise" ==================================================================

Maniche et ses ressources

 


Par : Pierre jamil Durand Nous avons, très sommairement, à travers des billets précédents, fait le tour de ce que nous sommes, du chemin parcouru et de ce qu’il nous faudrait comme infrastructures communautaires pour être à la hauteur de nos plus légitimes aspirations. Il convient maintenant d'en faire l’inventaire des petites ressources dont nous disposons

Tout ce que nous avons évoqué, en termes d’infrastructures et de services aux riverains, aurait longtemps déjà été pensé, exécuté et fonctionnel si notre pays n’avait pas souffert de ces malformations congénitales dont j'ai fait référence ailleurs. Ce déficit de citoyens qui transcendent les agitations et les détresses quotidiennes, fait encore plus de mal à la classe paysanne, abandonnée depuis toujours à elle-même. Inutile de compter sur l’État pour des services essentiels. Nous sommes donc condamnés à trouver nous-mêmes notre chemin, définir nos besoins et trouver nos ressources pour continuer

Petite mise en perspective

Notre planète commence à récolter ce que l'être humain aurait semé au cours des différentes civilisations. La recherche du confort et du bonheur a donné naissance à des extraordinaires inventions, mais aux effets secondaires dévastateurs à long terme. Selon les scientifiques, l'effet de serre, agissant sur la température terrestre est en train de générer un changement climatique dont les conséquences sont imprévisibles. Les eaux des mers gelées depuis le début de l'humanité et les montagnes de glace qui se dégèlent feront augmenter le niveau des océans et provoquer des catastrophes environnementales sévères Des villes côtières seront alors affectées entraînant le déplacement de la population indigène. Le réchauffement climatique provoquera alors la déforestation, la désertification et inévitablement la diminution des terres arabes. Il s'ensuivra alors une rareté de produits agricoles dans le monde et une augmentation des coûts de production et de l'alimentation.

En conséquence, la plupart des nations du monde, mais les plus pauvres, d'abord et surtout, auront à des degrés divers, à faire face à l'incontournable et difficile tâche de continuer à nourrir leur population. Nous sommes déjà aux prises avec une surpopulation mondiale qui frise les six milliards et demie d'êtres humains. Si la tendance se maintient, on sera dans quelques décennies, neufs milliards sur une terre en rébellion permanente contre des incessantes agressions de ceux qui l'habitent.

Déjà, la Chine, pour nourrir sa population (1 milliard et demie d'habitants), a offert à certains pays pauvres d'Afrique, la mise en place de certaines infrastructures, en échange d'importantes quantités de terres arabes. Le recours aux organismes génétiquement modifiées ( OGM) ne peut apparemment contenir cette famine planétaire appréhendée.

Ce scénario qui se précise, favorise les régions agricoles du monde et les rend confortables dans leur vocation de nourrir les peuples.

Ressources agricoles

Maniche, toutes proportions gardées, peut s'enorgueillir de ses atouts qui peuvent constituer une ressource importante si tout le potentiel régional d'irrigation est utilisé et si on s'entend pour mener une réforme agricole adaptée au contexte de surpopulation nationale. Des petits lopins de terre cultivés de façon artisanale par nos paysans mal équipés, sont amplement insuffisants pour nourrir nos huit millions d'haitiens. La république voisine s'enrichit à nos dépens en envahissant notre marché avec des produits similaires aux nôtres mais dont la production est insuffisante pour nourrir notre population. Les exportations dominicaines vers Haiti pourraient bientôt atteindre un milliards de dollars par année a fait savoir le directeur du centre d'exportation dominicain Monsieur Eddy Martinez..

On peut donc facilement comprendre qu'une région comme Maniche finira par attirer l'attention du ministère de l'agriculture ou d'une entité non gouvernementale quelconque, visionnaires, dans la recherche de solutions pour une production adéquate de nos besoins alimentaires. Le sol manichois peut abondamment produire le café, la canne à sucre, la banane, le riz, le mais, la patate sucrée, la pomme de terre, l'igname, le tabac, le vétiver, le "mazoubel" etc.

Mais, il n'y a plus de bras pour travailler la terre. Les valeureux cultivateurs qu'on a connus dans le passé sont devenus une espèce rare, en voie de disparition.

Maniche a, comme la commune Torbeck, un potentiel rizicole extraordinaire et mérite comme elle, une mise en valeur de ses espaces arabes. Haiti ne peut plus se passer de ses terres agricoles. Ce serait dangereusement irresponsable de trop compter sur la production extérieure pour nourrir la population. L'autonomie alimentaire doit être un objectif perpétuel des nations.

1. La mise en perspective de ce contexte-là, fait donc de nos terres arabes une ressource importante pour l'avenir.

Nous disposons aussi à Maniche d'une autre ressource extraordinaire qui facilite la satisfaction de nos besoins primaires et la réalisation de nos projets les plus légitimes.

2. L'eau naturelle

L'eau est une ressource intéressante disponible. La rivière de Cavaillon peut couler allègrement dans les terres pour les rendre plus fertiles. Le ruisseau de Timaniche a déjà converti plusieurs arpents de terre en rizière. Il en est tout autant pour celui de Lestage qui a fait de la localité de Desrrodière un grenier alimentaire régional très populaire. La ravine au boeuf, "au parc ", ajoutée à plein d'autres sources, complètent ce tableau d'irrigation qui ferait de notre région une assiette importante pour nourrir une population déjà bien affectée.

L'eau est alors le complément idéal à la qualité du sol manichois.

Les belles roches aux multiples formats, le sable fin de qualité et le gravier qu’on retrouve dans la rivière, font l’envie de plusieurs coins du pays qui en sont totalement dépourvus. Aussi à cela, il faut ajouter une autre type de pierres que plusieurs d’entre nous négligent ou ignorent totalement. Il s’agit de ces belles pierres aux formes plates et d’épaisseurs convenables qui se retrouvent principalement au flanc de la montagne dans la localité de Rigaud à l’entrée du village. Ces surprenantes pierres sont naturellement rangées l’une par dessus l’autre, si bien qu’on aurait tendance à imaginer qu’elles ont été façonnées par une main humaine. C’est un peu difficile de faire l’inventaire de la quantité disponible. Cependant, elles constituent une richesse insoupçonnable et peuvent se transformer en pierres précieuses pour les besoins du village. En effet, le coût exorbitant que requiert l’asphaltage ou l’adoquinage de nos rues peut, probablement, être largement compensé par l’utilisation de ces pierres


Des ressources humaines,

Nous en aurions pour débuter. Il y a des Manichois qui sont parvenus à se faire une place enviable sur l’échelle sociale. Ils sont formés, informés éduqués. Ils sont ingénieurs, médecins, prêtres, administrateurs. On retrouve aussi des techniciens de talent et de haut niveau, des maçons et maîtres-maçons, des agriculteurs et travailleurs dévoués. Bref, toute une mosaique de compétences issue d’une région que nous aimons tous et pour laquelle nous avons le devoir de nous parler, réfléchir et nous entendre pour continuer la route. Nous pouvons accomplir des miracles Nous avons ce qu’il faut comme ressources humaines: des têtes pour penser; des bras solides pour construire, des hommes et des femmes qui n’attendent qu’une mobilisation intelligente pour la mise en chantier de projets collectifs, générateurs de fierté et de sentiment d’appartenance renforcé. Nous sommes persuadés que tout ce beau monde, ingénieurs, prêtres, architectes, administrateurs, techniciens, hommes et femmes originaires de la région se rendront disponibles pour entreprendre bénévolement tous nos travaux d’envergure communautaire. En nous mettant au travail, chacun à sa manière et apporter gratuitement notre contribution, nous serions étonnés des résultats. Pourquoi faut-il payer pour préparer des plans et les exécuter, alors que ingénieurs, techniciens et maçons sont des ressources dont nous disposons? Pourquoi acheter le sable, le gravier et les pierres pour paver nos rues, construire écoles, bibliothèque et autres infrastructures communautaires alors que notre rivière nous en fournit en abondance. Pourquoi faut-il attendre l’État ou la charité internationale pour trouver le budget nécessaire alors que la diaspora Manichoise à l’étranger dispose probablement de moyens financiers significatifs pour initier certains projets collectifs. Il suffit qu’on fasse tous preuve de BONNE FOI , de BONNE VOLONTÉ, de rassembler, d’additionner nos énergies et nos compétences, bref de nous ORGANISER intelligemment pour récolter ce dont on rêve depuis toujours: un village, une région agréable où les besoins élémentaires et secondaires sont comblés au goût et à la satisfaction de tous les citoyens. ================================================================== Hommage posthume à M. Astrel Benoît Macéus

Par : Pierre Jamil Durand

M. Astrel B. Macéus fut un pionnier de la lutte manichoise pour la promotion sociale de nos paysans. Né à Vilou, en périphérie ouest du centre communal en 1939, ce fils de cultivateur comme nous, gravit un à un les échelons de la pyramide sociale pour devenir un fichier modèle de notre répertoire. À une époque où la descendance paysanne était surtout prédestinée à la culture de la terre et aux métiers traditionnels ( pour devenir tailleur, couturière, cordonnier dans les années quarante ) le jeune Astrel prit plutôt le chemin de l' école où il démontra des aptitudes particulières pour la culture de l'esprit. La fin du primaire chez les Soeurs du village, lui ont ouvert les portes de Mazenod à Camp-perrin pour des études secondaires de qualité. Tranquillement l'avenir se dessine à l'horizon. Le voilà maintenant au Grand Séminaire à Port-au-prince. Là, il se consacra à l'étude de la philosophie, de la théologie et de tous les pré requis nécessaires pour devenir prêtre catholique. Dans le village, on l'aurait vu se promener en soutane, afficher son grand crucifix sur sa poitrine, enseigner le petit catéchiste aux jeunes. Bref, notre jeune Astrel devint Abbé Macéus, imposant partout sa révérence et rendant fiers, jeunes et vieux, par sa réussite académique. Un modèle manichois est né. De fils de paysans illettrés, exclus et ostracisés, il aspire à devenir membre du clergé, classe sociale dominante dans un pays dominé par l'ignorance des uns et le dogmatisme des autres. Toute une promotion sociale ! C'était dans les années soixante dans la mouvance de la triste célèbre dictature duvaliériste.

Mais le destin en a décidé autrement. Tombé malade, il laissa alors la prêtrise et s'exila au Canada en 1968 fuyant du même coup les menaces de la dictature. Il entreprit alors d'autres études universitaires, obtint une maîtrise en éducation et devint fonctionnaire du gouvernement fédéral à titre de professeur. Il procéda peu de temps après, à la réunification de sa famille, leur ouvrir de nouveaux horizons. Les gestes similaires des uns et des autres, ajoutés à l'effet dominos, vont nécessairement générer un impact positif pour toute la région. La diaspora manichoise, lentement, s'accroît, progresse et soutient le village d'origine par des transferts de fonds, des investissements immobiliers ou le parrainage familial.

Le retour aux sources

M. Astrel B. Macéus est retourné vivre dans son village d'origine en 1987, vingt ans après son départ de l'île. Installé sur les terres familiales, entourées de belles collines et baignées par la populaire rivière de Cavaillon, il s'impliqua dans des activités de loisir pour les jeunes, participa passablement à leur éducation, joua un rôle de Grand frère et manifesta de la bonne foi et du respect dans toutes ses relations. Il envisagea à moyen terme, la construction d'une auberge sur ses terres, l'installation d'un pont sur la rivière, l'irrigation de ses terres pour une agriculture moderne. Bref, il avait des idées pour développer le tourisme solidaire et faire de son coin, un oasis de paix et de méditation pour certains; mais aussi, un espace de détente et de découvertes rurales pour d'autres. Son retour aux sources, au milieu des siens, fut le témoignage de son attachement à sa région natale Cet investissement, physique, intellectuel et financier, avait indiscutablement changé pour le meilleur, l'allure du paysage et généré une dynamique qui faisait espérer une qualité de vie améliorée pour tout le voisinage.

Aujourd'hui, la population manichoise d'outre-mer est multigénérationnelle. M. Astrel B. Macéus appartient à cette première génération à laquelle revient le mérite d'avoir fracassé le plafond de verre. Le mérite de cet homme réside aussi dans sa résistance au magnétisme du milieu rural au temps des ténèbres des années quarante. Refuser la culture de la terre pour adopter celle de l'esprit n'était pas une évidence à ce moment-là.

Son départ

C'est au cours d'un voyage à Ottawa, sa ville d'accueil, alors que la construction du pont sur la rivière allait bon train, qu'il fut terrassé par une nouvelle crise cardiaque qui l'a emporté la veille de son soixante-septième anniversaire de naissance en octobre 2006. M. Astrel fut, à sa manière, un modèle pour les paysans de son milieu d'origine. Il reste une référence pour nous tous à travers ce "retour de service spectaculaire à la communauté".

" Solidarité manichoise" se souvient de ce grand Manichois, reconnaît son esprit et son sens communautaire. Il restera longtemps dans notre mémoire collective comme étant probablement le premier à se réinvestir physiquement sur ses terres, refusant le luxe et le confort du nord pour participer, à sa manière, à la valorisation de la classe paysanne dont nous sommes tous issus, qu'on le veuille ou non. Reconnaître cela et en être fier, c'est manifester du respect pour soi-même, de la fierté et de la reconnaissance pour nos ascendants paysans.

" Solidarité manichoise " lui dit BRAVO, MERCI et que son âme repose en paix dans le confort du Paradis éternel. ==================================================================== Des petits Génies de Maniche

. Entre le 4 juin et le 25 juin 2004 s’est tenue à Maniche, commune du Département du sud d’Haïti, une compétition interscolaire dénommée: « A la Découverte des Petits Génies de Maniche », sous les auspices de la Bibliothèque Educa-Espoir du COLLECTIF EDUCA-DEV (COED). Cette compétition, qui a réuni dix (10) établissements scolaires de la place, avait pour fonction principale : Soutien aux activités éducatives au niveau du 2ème cycle fondamental dans la commune de Maniche et à ses environs.


En fait, cette compétition a poursuivi un triple objectif: Encourager les établissements scolaires et les écoliers à rechercher l’excellence; Promouvoir des espaces propices au développement intellectuel des jeunes écoliers manichois; Contribuer à la préparation des élèves aux examens de la 6ème année fondamentale.


Cette manifestation de l’esprit, coordonnée par une équipe d’enseignants expérimentés, avait pour public-cible les candidats aux examens de la 6ème année fondamentale (Certificat d’Etudes Primaires). Aux cours de la compétition les équipes des différents établissements ont subi les épreuves dans les matières suivantes : Communication française, Kominikasyon kreyòl, Mathématiques, Sciences Expérimentales et Sciences sociales.


La Bibliothèque Educa-Espoir avait posé comme conditions de participation à cette compétition : l’établissement doit avoir des élèves inscrits aux Examens de la 6ème année fondamentale ; remplir formulaire d’inscription ; verser cent (100) gourdes comme frais d’inscription ; et enfin, signer le protocole présentant les règles de la compétition.


Trois primes principales sont remises à la cérémonie de clôture le 25 juin 2004 : un ordinateur Pentium, un globe terrestre et un jeux d’instruments géométriques. En plus, les élèves, composants les trois premières équipes et d’autres, choisis sur le volet, bénéficieront d’un cours d’anglais interactif durant les vacances d’été 2004. Signalons, entre autres, que le Dr Gilbert Chérestal, Originaire de la zone, a offert, gratuitement, à certains des participants des soins dentaires à sa clinique pendant six (6) mois.


La Bibliothèque Educa-Espoir, membre du réseau des bibliothèques de la Fondation Connaissance et Liberté (FOCAL), souhaite pérenniser, diversifier et élargir à d’autres communes du département du sud, cet espace d’échange intellectuel entre écoliers. Rappelons que ce projet qui fait partie du plan d’action du COLLECTIF EDUCA-DEV pour la période 2003-2006, initialement, visait à créer un espace de développement intellectuel des écoliers, particulièrement de la commune de Maniche. Les responsables du COED ont adressé des remerciements publics à la J.S. Computer qui a, au moins, compris l’idée et a accepté de faire un rabais de mille cinq cent (1500) gourdes sur l’ordinateur qu’on a remis à l’équipe championne.


Ont participé à cette première édition du concours : « A la découverte des Petits Génies de Maniche » les établissements scolaires suivants : l’Ecole Evangélique Béthanie de Maniche, l’Ecole Evangélique Baptiste de Bouffard, l’Ecole Evangélique Luthérienne de Maniche, le Collège Mixte Frère Elysé, l’Ecole Sainte Rose de Lima de Maniche, l’Ecole Mains Ouvertes de Dory, l’Ecole Saint Augustin de Maniche (Grand- Passe), le Collège Mixte la Fraternité de Maniche, l’Institution Classique et Artisanale de Maniche, et l’Ecole Nationale de Maniche.


La finale a opposé l’Ecole Evangélique Béthanie de Maniche à l’Ecole Nationale de Maniche. Laquelle rencontre que cette dernière a remporté avec quelques points d’écarts. Il a eu aussi un match de classement, 3ème et 4ème place, qui a opposé l’Ecole Frère Elysé au Collège Mixte la Fraternité de Maniche. Le résultat de cette rencontre a respecté l’ordre de citation.


La Bibliothèque Educa-Espoir dit espérer que cette compétition aura permis d’avoir un plus grand taux de réussite aux examens du certificat d’études primaires. Attendant que leurs vœux de succès se réalisent en faveur des participants, les responsables de la bibliothèque Educa-Espoir cassent rendez-vous pour la deuxième édition du concours « A la Découverte des Petits Génies de Maniche » en 2005.




Jean Laforest VISENE
Coordonnateur général du
COLLECTIF EDUCA-DEV (COED)
Email : educadev@yahoo.fr
http// http://www.educadev.8k.com/ --------a -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------



-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Correspondances manichoises ,
Parmi vous,

Je vous remercie Mr Durand de vos propos de bienvenue. Je m’excuse de n’avoir pas vu vos courriels d’invitation à me joindre à Solidarité "Manichoise". Je salue tous les Manichois qui ont déjà intégré le site. C'est un grand plaisir pour moi d'être parmi vous. Pour reprendre le dicton "Mieux vaut tard que jamais".

Je me permets de faire un petit commentaire sur le site. J'estime qu’il est un très bon instrument pour sensibiliser et mobiliser les fils et filles de la commune, qui ont accès aux Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, à rester solidaire à leur alma-mater Maniche. J’apprécie qu’il ait été conçu, non seulement comme un espace de retrouvaille des Manichois/Manichoises, mais surtout comme espace d’éveil de la conscience de chacun de nous, sur notre redevance envers notre communauté d’origine. Je crois qu’il est une obligation, qui nous incombe de jouer notre partition et de fournir un meilleur accompagnement à notre communauté pour dessiner un meilleur environnement manichois.

Je profite de l’occasion pour vous remercier, Mr Durand, de m’avoir fait l’insigne honneur de voir poster sur le site plusieurs de mes articles.

Chers tous, j'ai intégré l'espace, certes, un peu tard, je vous promets que je ferai le devoir d'être actif à toutes les discussions qui y seront lancer. Certainement, celles qui rentreraient dans mes champs de compétences. Ansanm nou ka fè Manich vin pi bèl.

Bien à vous tous ! Et une fois de plus, merci Mr Durand.


Jean Laforest Visene
Courriel : visenejl@yahoo.fr
Site : http://www.visenejl.blogspot.com









Monsieur Laforest,


Salut Jean,

Je ne suis pas du tout surpris de découvrir, à travers ton dernier courriel, ( confidentiel ) ces liens familiaux et relations pertinentes que tu as avec ces gens que j’ai côtoyées et adoptées. Quand je t’ai aperçu sur la toile, t’identifiant fièrement comme étant originaire de Vilou, Maniche, Haïti, j’avais le sentiment d’avoir retrouvé un des miens et que par conséquent je devais m’arrêter pour l’écouter. C’est ce que j’ai fait, instinctivement, à travers la lecture sommaire de tes articles, quelques-uns d’entre eux. J’ai alors découvert leur côté scientifique qui m’a séduit, sans me surprendre cependant, sachant que j’avais quand même affaire à un sociologue et professeur d’université. Ces travaux de recherche et de réflexion me paraissent a priori très valables et peuvent être, selon moi, utilisés carrément comme lumière d’appoint dans la mise sur pied des programmes de restructuration dans le pays. J’ai compris alors que je venais de découvrir un intéressant fichier de notre répertoire communautaire et décidé de rendre tes articles disponibles sur notre réseau « Solidarité manichoise »

Cela étant dit, oui je crois que cette entité virtuelle que représente « solidarité manichoise » peut jouer un rôle de catalyseur et compenser passablement l’handicap de dissémination de nos ressortissants à travers les villes et les continents du monde. Au même titre, d’ailleurs, que Facebook où j’ai été agréablement surpris de découvrir autant de jeunes Manichois/Manichoises qui socialisent.

Toute réalisation collective requiert initialement de la communication et de la planification. À cela, il faut ajouter bien sûr, les idées, les débats, le bon vouloir collectif, l’enthousiasme pour se donner les moyens matériels de réalisation. C’est justement tout cela qui nous manque de façon collective dans notre région, dans notre pays. Ma motivation, à travers ce site que j’ai créé et que je tente de garder en vie, c’est de retrouver quelques-uns d’entre nous, animés de ce même souci régional, national, cette même fierté manichoise, pour intervenir et réaliser des petits projets socialement utiles. On est à un carrefour de la vie nationale où les efforts doivent se situer au-delà de la satisfaction des besoins primaires. Notre pauvreté endémique n'est pas le résultat de la fatalité. Comme tu l'exprimes, il y a des causes. On les connaît. Il reste à réagir collectivement. D'une manière ou d'une autre. On y arrivera peut-être un jour dans la solidarité, dans l' action par L' ÉDUCATION SOUS TOUTES SES FORMES. C’est le sens de ma très timide implication à travers « Solidarité manichoise ».

Bien à toi
Pierre jamil Durand
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Flash ! Flash !

INITIATIVES DE " SOLIDARITE MANICHOISE " POUR LES FESTIVITES DU CENTENAIRE.



En réaction à " l'insouciance organisée " des indigènes de la paroisse et à défaut d"une organisation convenable, issue de la diaspora manichoise , " Solidarité manichoise ", confortable dans son agenda personnel et en concertation avec quelques personnalités d'avant-scène, soumet aux intéressés les activités suivantes à l'occasion des festivités du centenaire


Activités

1. Il y a planification des activités suivantes :

- Concert musical, plusieurs soirs durant les semaines du 15 au 30 août 2011. Le matériel audio est déjà disponible. Les sites suivants seront le théâtre de prestations musicales colorées et populaires :

- La piste des générations baptisée " Famosa night club " située à l'extrémité nord du centre-ville.

- L'entrée communale , au bas de la petite montagne qui conduit à Malo.

- À la frontière des localités ( Maniche-Lépiné ) autour de la salle paroissiale

- Devant la résidence de " Solidarité manichoise " autour du grand marché public


2. Probabilité d'une ou de plusieurs journées récréatives vers la côte- ouest jusqu'à Port-a-piment, en passant par Port-salut pour une baignade sur la plage. La route est asphaltée et en très bon état. Saut Mathurine près de Camp-perrin est aussi un site à visiter.

3. Nous ne manquerons pas de faire un tour à la mystérieuse grotte de Malo dans la région de Maniche. Cela vaut la peine. C'est une activité touristique valable pour stimuler notre sens historique et attirer notre attention sur la force et la nature des phénomènes chimiques. La populaire grotte de Camp-perrin est aussi une curiosité à satisfaire.

4. Le saut de Geffrard aussi, nous offre l'occasion d'étirer les muscles de nos jambes par la marche et de régaler nos yeux par la contemplation d'une végétation abondante et d'une eau qui tombe langoureusement dans le vide.

5. . Annonce d'un cours gratuit d'initiation à l'ordinateur. Dédié à tous, mais aux jeunes en particulier, ce cours permettra aux intéressés de s"initier joyeusement a la technologie du savoir.


6. Visite du site et du pont d'Astrel au bas de la localité de Lestage. On en profitera pour passer une journée de plein air, au son de la musique.

7. Journée de santé par des professionnels qualifiés de notre communauté ( médecins, infirmiers/ères,) qualifiés venus des Etats-unis, du Canada ou d"ailleurs dans le pays.

Mesures d'embellissement de la ville

1. Intention de planter une rangée d'arbres et de fleurs décoratives aux abords de la rue principale de la ville. Question de rendre notre environnement plus agréable pour nous-mêmes et pour nos visiteurs éventuels.

2. Intention d'aménager une petite place en avant de la résidence " Solidarité manichoise" .


Hébergement

Pour ceux dont l'hébergement peut générer une quelconque inquiétude, " Solidarité manichoise " met gratuitement sa résidence privée à Maniche à la disposition des visiteurs d'outre-mer pour les festivités du centenaire. Il y a possibilité d'héberger plusieurs dizaines de personnes de façon confortable et davantage si on veut faire concession du confort pour accommoder plus de gens. Cependant, nous recommandons d"être équipés d"un sac de couchage ou d'un matelas gonflable et d'autres utilités du genre pour agrémenter notre séjour dans de telles circonstances. Il y aura en temps et lieu un numéro de téléphone pour les réservations.

Comment atteindre Maniche de Port-au-prince

3 - Vous pouvez :

- Louer un véhicule ( de $ 80 à 180 US par jour ). La location se fait à l'aéroport.

- Prendre l'avion à destination de l'aéroport Antoine Simon vers les Cayes. ( aller-retour $ 160 US environ)

-Prendre l'autobus vers les Cayes ( $ 10 US, la version de luxe climatisé) ou 200 à 300 gourdes la version populaire.

Nous vous reviendrons avec plus d'informations et de précisions Flash ! Flash !

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Maniche, Parlons-en Vue détaillée

De : Durand Pierre Jamil [mailto:piermanic@yahoo.ca]
Envoyé : 28 janvier 2009 00:03
À :
Objet : Salutations 
Salut F.

Tu as été probablement la rencontre la plus souhaitable que j'ai faite durant mon dernier séjour en Haïti; la plus excitante aussi, dans la mesure où plusieurs années ont séparé l'instant où nos regards se sont croisés pour la dernière fois au cours de notre adolescence et le moment où j'ai pu fièrement te donner l'accolade " Manichoise" que tu mérites bien. Des années qui ont travesti, dans les deux cas, nos jeunes visages d'ado, au point que j'ai eu du mal ( tu te souviens bien ) à te reconnaître. Des années aussi d'efforts et de travail continu pour sortir de notre statut de paysan ( hérité de nos parents bien sûr)  à celui dont seule l'humilité nous interdit de révéler. La rupture de ce plafond de verre doit rendre fiers tous ceux qui, comme nous, ont pu le briser et nous avons le devoir de promouvoir ou de continuer à le faire,  les intérêts de la classe paysanne, en reconnaissance aux nombreux sacrifices de nos parents.

Promouvoir leurs intérêts revient à faire de Maniche une petite ville respectable où les besoins fondamentaux doivent être satisfaits. Maniche a besoin de ses enfants. C'est une belle commune qui mérite d'être mise en valeur. J'ai l'impression qu'à ce niveau-là, nous sommes sur la même longueur d'onde. Une raison de plus pour que tu mérites mon respect, mon admiration et mon affection.

Il faut qu'on se parle et qu'on garde le contact. Tu es un fichier important dans le minuscule répertoire des ressources humaines dont nous disposons. Je me réfère bien sûr à Maniche.

Mes amitiés

 

Pierre jamil Durand




De :
À : Durand Pierre Jamil <piermanic@yahoo.ca>
Envoyé le : mercredi 28 janvier 2009, 12 h 11 min 28 s
Objet : RE: Salutations

Salut Jamil,

 

On peut parler de réciprocité compte tenu que je ne m’attendais pas à te rencontrer et, du même coup, visiter la  grande rénovation que tu fais dans la maison familiale.

 

J’aime  souvent parler de « retour de service à la communauté », chaque fois qu’il m’est donné l’opportunité de constater un acte concret d’un fils de la Commune qui revient pour transformer les sentiers d’hier, faits de souvenirs, bien sûr, afin d’ y mettre un peu de son âme, de ses expériences de ses compétentes et des leçons apprises dans sa vie.

 

Le changement ne peut venir du regard( on parlerait plutôt de contemplation) mais de l’action liée  et tournée vers l’avenir. Et ça appartient à ceux qui,  comme nous, se sont frottés à la lime du savoir et du savoir-faire. La résistance aux changements n’ont pas amené de découvertes, ni d’inventions  à travers le monde, mais les esprits fous, curieux et visionnaires.

 

Beaucoup m’ont demandé, quand je fais la promotion de Maniche que je rêve si je crois de pouvoir apporter du changement. Mais nous avons appris que ceci prend du temps et qu’il faut, sur la base  d’un regard sociologique, psycho et environnemental, bâtir, revoir ou rajuster sa stratégie. Mais pq?

 

Parfois, les autres ne comprennent pas toujours, ce qui vous fait du bien et que l’individu vit dans la richesse de ses satisfactions qui n’est pas forcément matérielle. C’est le sens de ma présence toujours à Maniche, croisant les regards de nos prédécesseurs et voir comment ils ont progressé, admirant la jeunesse et voir comment l’orienter.

 

 Par Ex., la Congrégation des Sfa, à Maniche depuis 1943, n’a pu annexer le cycle secondaire avec bcp de discussions. Nous avons dû prendre position, encourager et supporter.

 

Le lycée de Maniche après 14 ans , donc 2 promotions complètes, ne pouvait avoir la classe de rétho. Là encore, nous avons pris position et le curé nous a cédé la tribune un dimanche, pour sermonner les professeurs Manichois qui réclamaient leur chèque de fin de mois sans dispenser de cours aux enfants. Certains ont maugréé contre moi, mais n’ont pas su s’aventurer, car je leur avais promis de faire couper ce chèque au Ministère de l’Éducation nationale. Dieu merci nous avons une classe de Philo de 32 enfants cette année

 

Pq ce rappel? Juste pour dire que Mainiche a besoin de sa jeunesse  pour penser, réfléchir et amener à l’avenir ce changement. Je ne peux l’espérer de mon oncle ou de ceux qui dépassent la soixantaine.  Maniche a besoin de cette jeunesse pour une équipe de foot, de la musique, travailler la terre, encadrer les plus petits, partager leur connaissances avec leurs parents. Et c’est dans cette dynamique, que les premier signes de changement viendront. C’es le sens de cet attachement.

 

Quand des collègues manichois comme toi, amènent des investissements. J’y vois bcp plus que l’investissement, car ta présence même dans la communauté avec une heure d’échange, une conférence pour les jeunes, la participation à un atelier de travail, rencontrer un autre manichois pour lui parler de ton projet, c’est également une incitation  qui réveille en lui ce qui dormait ou le motive davantage sur ses bonnes dispositions.</</span>p>

 

Comme nous et bcp d’autres qui y sont attachés, tous ceux de notre génération  (30-555 ans) devaient sentir le devoir de faire un retour  de service à la communauté. Dans le cas contraire nous ne serons pas différents de la générations de nos parents. Oh non, nous  sommes différents par notre savoir, notre savoir faire, plus individualistes mais avec un contenu de vie sans histoire et une pierre tombale sans écriteau, comme référence aux futures générations. Moi je continue d’encourager tous les Manichois du dehors à former la masse critique pour avancer avec Maniche, mon combat va dans cette direction.

 

Merci pierre pour ton courriel. Continue à travailler sur tes projets et maintenons le contact.

 

Je salue ta famille.

 

F

 

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Pierre jamil Durand

De :
Durand Pierre Jamil<piermanic@yahoo.ca> 

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À : F

 

Mon cher F

Je me réjouis de l'empressement avec lequel tu as répondu à mon courriel. Cela traduit bien l'intérêt que tu portes à nos échanges d'une part, et m'encourage d'autre part, à entretenir ce dialogue, sachant qu'en dépit de tes nombreuses responsabilités à l'UAPC, tu sauras me réserver ( plutôt nous réserver) de temps en temps quelques minutes. Oui, quelques minutes à consacrer à Maniche, à son développement, à son avenir...

Tu parles de "retour de service à la communauté". C'est indéniablement un idéal de développement qui devrait faire partie de nos moeurs. Il devrait être encadré soutenu, encouragé par les entités locales en autorité. Dans les faits, ce serait de la création d'entreprises, des constructions de maisons, des transferts de connaissances et de savoir-faire, etc. Bref, le comportement modèle par excellence pour répondre plus rapidement à nos attentes en développement communautaire. Mais tu sais aussi bien que moi que cela a un nom en affaires : il s'agit d'investissement et pour tout homme d'affaires qui vise la réussite, le retour sur son investissement est capital...

Cependant, j'en conviens, pour une petite commune comme la nôtre, les règles conventionnelles d'investissement, si elles ne peuvent être totalement écartées, doivent, dans une certaine mesure, faire place à ce sentiment d'appartenance régionale que nous éprouvons tous. Il a à lui seul la vertu de suppléer aux pré-requis pour investir et aux carences locales et nationales. Rien qu'à nous voir aller, toi, moi et plein d'autres qui reviennent se refaire le nid familial, me réconforte et donne raison d'espérer...

Je reconnais néanmoins, qu'il y a des irritants qui mettent tout mon optimisme en filigrane (et c'est là que j'aimerais bien que tu mettes tes talents, ta crédibilité et ta popularité pour apporter une solution). D'une part, à Maniche, je ne vois aucune vision collective. Rien d'articulé comme itinéraire. Aucun échéancier, sinon quelques sermons hebdomadaires qui s'apparentent à de vagues objectifs à atteindre ou des comités insignifiants qui se complaisent dans les points de vue du gourou de service... Il y a d'autre part l'État. Mais est-ce que ça vaut la peine d'en parler vraiment ?

Nous avons donc besoin d'une organisation valable,  reconnue et "scientifique". Une organisation qui PENSE , QUI A UNE VISION ARTICULÉE ET RÉALISTE POUR MANICHE . C'est par là qu'il faut commencer je crois . Il nous manque de tout dans cette commune. Il faut en faire l'inventaire. C'est un désert insupportable  sur le plan intellectuel.   Il faut faire quelque chose mon cher François. J'ai confiance en toi.

Je te soumets ces petites réflexions pour le moment, je te présenterai ma vision et mes petits  projets  une prochaine fois. En attendant, j'attends tes commentaires.

Au plaisir,

Pierre jamil Durand

 

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Je me presente

 

 
Mon nom est Pierre Jamil Durand. Je suis né à Maniche, banlieue nord de la ville des Cayes dans le sud d'Haiti.

Je fais partie de cette génération surnommée “ les baby-boomers ”, en référence à cette explosion de naissances qui ont succédé les explosions de la seconde guerre mondiale. J’ai vécu les deux tiers de ma vie adulte au Canada après avoir consommé tous les petits plaisirs de mon enfance dans cette merveilleuse région entourée de montagnes et qui affiche une couverture végétale exceptionnelle. Je suis donc Manichois à l’endroit, comme à l’envers et jusqu’au bout de mes extrémités. C’est cette fierté que je transpire, qui nourrit mon désir et qui sous-tend mes actions et mes gestes en dépit des insouciances individuelles et des inconforts communautaires. J’ai développé au cours des années un mécanisme mental qui me facilite la mise en perspective de toutes les prétentions humaines. Je m’interroge en permanence, fuyant les dogmes aliénants, ajustables au gré des siècles par des gourous caméléons de l’histoire. Je crois à l’existence immatérielle d’une FORCE, à une programmation de l’ordre et de l’harmonie des choses, à une loi naturelle gérée par Elle, qui châtie ou récompense selon la nature et le degré de l’acte. Je crois à la solidarité humaine, au travail et à l’effort individuel. Je m’épuise à garder mon âme, à l’abri des maux qui tuent les espérances. Le foyer de ma pensée reste toujours pur et j’essaie de repousser le mal avec toute la force de ma faiblesse humaine. Voilà donc en quelques mots ce qui se cache au fond de cette enveloppe qui s’use avec le temps mais dont le contenu se remet à jour au gré des expériences personnelles et des ajustements dans la sottise humaine.

Pjd


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Webmaster

La " Route de l'Eau" Qu'en pensez-vous?

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Démarrée par Webmaster dans Exemple de Titre 12 Nov. 2011.

Edouard Platel

centenaire 1 Réponse 

Bonjour à tous les manichois,J'ai annoncé dernièrement qu'on aura Zenglen à Maniche à l'occasion du centenaire. Il y a du changement pour cette programmation: 1) la date, ce n'est plus le 20 ce sera…Continuer

Commencé par Edouard Platel dans Exemple de Titre. Dernière réponse par Webmaster 28 Juill. 2011.

Edouard Platel

Centenaire- Zenglen a Maniche le 20 Aout 2011 2 Réponses 

Plus d'informations dans les prochains jours. Gerard Gerard Durand, j"aimerais que tu m'appelles c'est important .EdContinuer

Commencé par Edouard Platel dans Exemple de Titre. Dernière réponse par Sylvain Casséus 15 Avr. 2011.

Edouard Platel

Le centenaire

J'aimerais qu'on commence a parler un peu plus sur les activites de ce centenaire. (Je m'excuse mon clavier n'a pas d'accent)EdContinuer

Démarrée par Edouard Platel dans Exemple de Titre 1 Déc. 2010.

Notes

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Créé par Webmaster 31 Juill. 2011 at 21 07. Dernière mise à jour Webmaster 1 Août 2011

De J. Edouad Alexis

Créé par Webmaster 9 Oct. 2010 at 22 23. Dernière mise à jour Webmaster 12 Oct. 2010

Nouvelles d'Haiti

Créé par Webmaster 27 Sept. 2009 at 0 12. Dernière mise à jour Webmaster 10 Oct. 2010

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    9. Askard
    10. ----------------------------------------------------------------------------------------
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    14. Gina
    15. Brunette
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    17. Simonville
    18. Jeanne
    19. ------------------------------------------------------------------------------------------
    20. josé

    ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

    Poldor

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    ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

    Pantal

    1. Sterlin

    ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

    Porcéna

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    2. Pierre Charles
    3. Jean Claude

    ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

     

    Saint-juste

     

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    3. Jacinthe
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    5. Sylvain

    ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

     

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    1. Pierre
    2. François
    3. Rosmène
    4. Emmanuel

    ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

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    2. François
    3. Françoise
    4. Sonide
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    ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

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    2. Jean willet

     

    ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

    Théodore

    1. Aline
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    3. Eddy

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    Tulcé

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    11. Gardy
    -

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    UN GRAND HAITIEN


    ANTÉNOR FIRMIN 1850- 1911


    La carte de visite d’Anténor Firmin est tellement extraordinaire qu’il est difficile de trouver par où commencer pour présenter ce monument. On pourrait commencer par dire, qu’il est sans aucun doute, l’un des plus grands intellectuels que notre pays ait produit.

    Pourtant, d’origine modeste, Anténor Firmin naquit au Cap-Haïtien en 1850. A l’école il se distingue par son assiduité qui lui permet déjà à l’âge de 17 ans de faire ses débuts dans l’enseignement avant de faire la comptabilité pour le service des Douanes et une maison de commerce de la ville. L’une des contributions les plus importantes de Firmin à la cause de son peuple est la publication en 1885, ‘’De l’égalité des Races Humaines’’. C’est la réponse de toute une race à Gobineau qui avait publié quelque temps avant ‘’ De l’inégalité des Races humaines’’, un ouvrage avec comme thèse que les races humaines étaient inégales et que l’existence d'une République d'anciens esclaves devenus citoyens constituait une anomalie dans le concert des Nations. La réponse de Firmin est une compilation qui tente de ruiner un à un les arguments du racisme scientifique, en montrant combien ils sont peu opératoires, tant sur un plan mythique que sur un plan scientifique. La thèse de Gobineau se basant sur des éléments tels que le volume de la boîte crânienne, la texture de la chevelure, les caractérisations phénotypiques, les répartitions linguistiques. Il parvient à réduire le discours ‘’scientifique’’ de Gobineau sur l'inégalité à un ensemble de superstitions, et met en crise la validité de ce discours. L’œuvre de Firmin redonne à Haïti une place éminente dans le combat contre le préjugé et l'idéologie de la discrimination et de la hiérarchisation. Plus qu'un travail scientifique, il s'agit d'un ouvrage métacritique dans lequel Firmin prend en compte le lieu d'où il parle et d'où il écrit.

    En plus d’être un intellectuel hors pair, Firmin est un citoyen engagé dans la vie politique de son pays, c’est ainsi qu’en 1888, il retourne en Haïti et prend part aux événements qui précipitent le départ de Salomon en 1888 (président depuis 1879) puis l'élimination du président Légitime (1888-1889) l'année suivante. Pour lui, il ne s’agit pas seulement de prendre la défense d’Haïti par la plume contre le racisme étranger mais surtout de dénoncer les insuffisances haïtiennes, et de servir son pays au plus haut niveau.

    En 1889, il a ce privilège quand il est nommé par le président Hyppolite (1889-1896) comme ministre des Finances et des Relations extérieures. Il se distingue par ses compétences, ses pratiques et son honorabilité. Gestionnaire avisé, Firmin réorganise les administrations qu'il dirige, notamment celles des douanes et de la Banque Nationale, en diminuant les taux d'intérêt, ce qui facilite la reprise rapide des affaires, permettant notamment la régularisation du paiement mensuel des salariés de l'État. Les recettes plus abondantes grâce à ce climat de confiance entraînent la reprise du paiement de la Dette, dont le résultat financier fut la hausse de la cote des obligations à la bourse de Paris. Firmin réussit même ce tour de force en Haïti d'obtenir une trésorerie bénéficiaire. Jamais les finances de l'État n'auront été plus prospères. Fort de ses ressources, le pays verra un développement inégalé des travaux publics sous la présidence d'Hyppolite: ponts, éclairage public, arrivée du câble transatlantique à Port-au-Prince, téléphone dans les grandes villes, marchés. Firmin quitte le cabinet en 1891 et se retire en France, pendant qu'en Haïti on assiste à un durcissement du régime. Ce ministère laisse le souvenir d'une intelligence politique, faite de civisme exceptionnel et de probité administrative, un ensemble de pratiques qui constituent le firminisme.

    Anténor Firmin publie à Paris en 1891 Haïti au point de vue politique, administratif et économique, texte d'une conférence et, en 1892, Une défense, plaquette qui est une réfutation des critiques émises par son successeur aux finances. Il rentre en Haïti en 1893, et, lors de sa rencontre avec le cubain en exil, José Martí, évoque le projet de «confédération antilléenne». À Paris peu après, Firmin multiplie les contacts avec les milieux latino-américains, et s'intéresse de près à la question du panafricanisme. À l'avènement du président Sam en 1896, Firmin redevient ministre des Finances et des Relations extérieures, mais le Cabinet est renversé après un vote de la Chambre. C'est un nouveau départ pour l'exil, les conditions politiques le contraindront à ne plus retourner en Haïti.

    En 1898, c’est Diplomate et diplomatie, qui concerne le traitement de l'affaire Lüders. En 1900, il est nommé ministre plénipotentiaire à Paris. Il publie un programme politique en 1905, Monsieur Roosevelt, président des États-Unis, et la République d'Haïti. Il y pose «les conditions pratiques qui doivent permettre à Haïti de faire preuve de l'aptitude de la race noire à constituer une société politique harmonieuse» (647). Il préconise un rapprochement entre Haïti et les États-Unis, brosse des tableaux comparés de l'histoire des deux pays, et insiste sur certains aspects du mal haïtien: le fonctionnement despotique des institutions, le manque de formation politique des élites, la gestion calamiteuse des finances publiques qui confine à l'économie de rapine. Il propose des réformes administratives en vue d'assurer le développement économique et surtout social du pays: il y exprime la doctrine d'un libéralisme résolument démocratique. On extrait souvent une phrase célèbre de ce livre: «Dans tous les pays, dans toutes les races, le progrès ne s'effectue, ne devient tangible que lorsque les couches sociales inférieures, qui forment toujours la majorité, tendent à monter en intelligence, en puissance, en dignité et en bien-être. Là où la politique, dite éclairée, ne consiste qu'à perpétuer l'infériorité de ces couches, formant l'assise même de la nation, en exploitant leur ignorance, il n'y a point de progrès possible...».

    Il s'installe à Saint Thomas, d'où il publie Les lettres de Saint Thomas dans lesquelles il met en perspective la construction toujours à réaliser de la démocratie haïtienne dans un ensemble plus vaste, une confédération des Antilles.

    En 1911, il publie une réflexion testamentaire et prophétique sur l'état d'Haïti, au titre évocateur: L'Effort dans le mal: «Homme, je puis disparaître, sans voir poindre à l'horizon national l'aurore d'un jour meilleur. Cependant, même après ma mort, il faudra de deux choses l'une: ou Haïti passe sous une domination étrangère, ou elle adopte résolument les principes au nom desquels j'ai toujours lutté et combattu. Car, au XXe siècle, et dans l'hémisphère occidental, aucun peuple ne peut vivre indéfiniment sous la tyrannie, dans l'injustice, l'ignorance et la misère». Firmin meurt la même année (1911).

    Références

    -Dr J-C Dorsainville (1934)- Histoire d'Haïti Cours Supérieur, édition Henri Deschamps

    - Odette Roy Fombrum ( 2002)- Histoire d'Haïti- De l'indépendance à nos jours, édition Henri Deschamps

    - Wesner Emmanuel (2000) -St-Domingue redevient Haïti, Editions Wesner emmanuel

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